‹ Le roman réaliste au XVIIe siècleChapitre 96 sur 188 · T. I, p. 178 et suiv · texte numérisé non relu

T. I, p. 178 et suiv

maintiennent les traditions d'ancienne sinxplicité? Rien n'est plus rare nialheureusenient dans le Polyandre qu'un tableau comme celui-là, où des faits, des attitudes, des propos nous éclairent sur les mœurs contemporaines.

On y rencontre au contraire, en beaucoup d'endroits, une critique directe de la société. Elle complète ou confirme ce que nous savions déjà par d'autres livres; elle laisse voir quels maux se sont particulièrement aggravés. Celui qui semble s'être accru le plus vite, c'est la folie du luxe à laquelle aucune catégorie n'échappe : les financiers donnent l'exemple de la prodigalité et de l'ostentation^, la noblesse suit, puis les grands bourgeois, puis « les petites dames», qui pensent qu'on se moquerait d'elles si, quand elles vont à l'église, « elles n'avaient qu'un laquais pour porter leur carreau et leur queue tout ensemble ^ ». On admire dans la rue, couverts de velours et de satin, des misérables qui dorment et dînent dana des galetas, « sans salir de vaisselle ni de serviette ^ ». Les édits somptuaires n'y peuvent rien *.

Joignons à ces traits une foule de constatations de moindre importance. Nous apprenons, par exemple, que l'on s'enrichit à jouer les rôles d'amoureux sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne ; « l'on tient que celui qui en fait le premier personnage gagne huit ou neuf mille livres par an ^ ». La mode se répand chez les courtisans de faire faire le portrait des plus jolies dames et d'en « dresser des cabinets» : « Je sais des seigneurs qui ont cette

Page 1