T. Il, p
passion, et même qui supplient très instamment les belles femmes qu'ils voient de souffrir qu'on les peigne ^... » Façon de « s'ériger de faux trophées »> comme le remarque Sorel : ainsi, plus tard, Bussy- Rabutin, pour se consoler de son exil, réunira dans la « Tour dorée » de son château de Bourgogne les images des plus aimables personnes de la Cour, dont on pourra supposer qu'elles ne lui ont pas été cruelles.
Ces renseignements, peu mis en valeur, ne peuvent avoir qu'un intérêt historique ou anecdotique. Ils sont d'ailleurs jetés au hasard comme des éléments fort accessoires. L'objet principal de Sorel a été de représenter ici, en des caractères bien choisis, « toutes les diverses humeurs des hommes ^ ».
Il revient maintes fois sur cette intention, et fort justement il en est fier. Comment l'a-t-il réalisée?
Des « caractères », on en trouve bien dans le Polyandre : un poète, un vaniteux, un parasite, une coquette déjà mûre ; des caractères esquissés d'abord d'après des originaux contemporains, qu'on a pu retrouver ^, enrichis ensuite de remarques faites sur d'autres personnes ou de souvenirs d'anciennes lectures. Ce procédé est celui de la méthode classique, et Molière lui-même n'en usera pas autrement. Malheureusement, si le système est^ bon, l'application est déplorable. Ayant choisi pour modèles les ridicules les plus extraordinaires, Sorel s'arrange pour ne laisser voir d'eux que la face grimaçante ; s'il recueille ailleurs d'autres traits, c'est pour accentuer la charge, et il les accumule,