Avertissement aux lecteurs
3. Cf. Roy, Ch. Sorel, p. 187 et suiv. On trouve dans l'Avertissement de SoMi des déclarations assez nettes sur ce point.
sans aucun souci de logique, sans se demander si tout cela se justifie et s'accorde. Il n'atteint ainsi qu'à un comique forcé, combien inférieur à celui de Molière, qui jaillit si naturellement de la vérité la plus humaine !
Ayant trouvé dans le Roman saiyrique de J. de Lannel le nom de Gastrimargue qui lui a paru « horrible et diabolique ^ », il s'est plu à rassembler sous cette étiquette la plupart des facéties dont on avait accablé le célèbre Pierre de Montmaur, professeur de grec au Collège Royal, pédant très insupportable et l'une des pires langues de l'époque. Les auteurs, victimes de ses médisances, s'étaient mis d'accord pour lui faire une réputation, probablement très exagérée, d'avare, de goinfre et d'écornifleur. C'avait été un général assaut d'épigrammes, de satires, de pamphlets, en vers et en prose, en latin et en français 2. Scarron l'avait invectivé en trois pièces du premier recueil des Œuvres burlesques :
Animal iri^assasiable,
En été même indécrottable,
D'un visage effronté, d'un regard furieux,
Pédant le plus haï qui soit dessus la terre....
Ménage avait chanté en un poème latin sa métamorphose en perroquet; il lui avait composé dans la même langue une biographie imaginaire ^. Feramus avait raconté une de ses journées, chargée, on le devine, de singulières aventures : Macrini parasiiogrammatici *H(ji.£pa, in quatuor paries divisa. De ces polémiques et de ces amusements d'érudits, peu accessibles au grand public,
2. Tout cela a été réuni par Sallengre dans s 311 Histoire de P. de Montmaur, La Haye, 1715, 2 vol» in-8.