‹ Le roman russeChapitre 31 sur 52 · XL AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XL AVANT-PROPOS

inférieures, puériles et immorales : je n'ai pas varié d'avis à cet égard1. » — Toujours à propos d'Eliot, M. Rrunetière dit à son tour : « S'il est vrai, comme je crois l'avoir montré, que l'observation en quelque sorte hostile, ironique, railleuse tout au moins, de nos naturalistes français ne pénètre guère au delà de l'écorce des choses, tandis qu'inversement il n'est guère de repli caché de l'âme humaine que le naturalisme anglais n'ait atteint, ne prenez ni le temps ni la peine d'en aller chercher la cause ailleurs ; elle est là. En effet, la sympathie, non pas cette sympathie banale qui fait larmoyer le richard de l'épigramme sur le pauvre Holopherne, mais cette sympathie de l'intelligence éclairée par l'amour, qui descend doucement et se met sans faste à la portée de ceux qu'elle veut comprendre : tel est, tel a toujours été, tel sera toujours l'instrument de l'analyse psychologique*. »

J'ai tenu à citer ces opinions, parce qu'elles peuvent s'appliquer au réalisme russe avec la même précision qu'au réalisme anglais.

Je ne m'étendrai pas sur ce dernier. MM. Taine, Montégut et Schérer, pour ne parler que de ceux-là, ont épuisé le sujet en France. L'Angleterre garde l'houneur d'avoir inauguré et porté à son plus haut point de perfection la forme d'art qui correspond aux besoins nouveaux des esprits dans toute l'Europe. Le réalisme, procédant de Richardson, a marqué là ses plus glorieuses étapes avec Dickens, Thackeray et George Eliot. A l'heure où Flaubert entraînait chez nous la doctrine dans

1 Gfrge Eliot. (Revue des Deux Mondes, !•» mars 1883.) • Le Koman naturaliste, le Naturalisme anglais .

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