‹ Le roman russeChapitre 5 sur 52 · I AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

I AVANT-PROPOS

partie aux quatre romanciers contemporains hors de pair, déjà désignés à l'attention de l'Europe par des traductions partielles. Ces écrivains-types nous offriront une réduction éminenfe et complète du génie national que nous cherchons à dégager. J'ai tâché de montrer en eux l'homme autant que l'oeuvre, et dans les deux, l'expression d'une société. Les questions d'art ont leur intérêt et leur grandeur; mais il y a plus encore d'intérêt et de grandeur dans le secret qu'elles m'aident à poursuivre, le secret de cet être mystérieux, la Russie. Sans grand souci des règles delà composition littéraire, j'ai dû accueillir tout ce qui servait mon dessein : détails biographiques, souvenirs personnels, digressions sur des points d'histoire et de politique, sans lesquelles tout serait inintelligible dans les évolutions morales d'un pays si caché. 11 n'y a peut-être qu'une règle, c'est d'éclairer par tous les moyens l'objet que l'on montre, de le faire comprendre et toucher sous toutes ses faces. A cette fin, j'ai usé et abusé de la comparaison entre les écrivains russes et ceux d'autres pays qui nous sont plus familiers ; ce n'est point par vanité d'érudition facile ; je sais d'ailleurs le danger de ces analogies, elles boitent toujours; mais pour faire deviner l'inconnu, il n'y a encore qu'un procédé rapide et sûr, la comparaison avec le connu. Il eût fallu des explications longues et obscures pour caractériser un homme ou une œuvre : un nom de connaissance en tient lieu ; il évoque d'emblée dans l'esprit de chacun toute une physionomie littéraire, proche parente de celle qu'on étudie. C'est l'image qui éclaire le texte et permet de classer d'un regard les nouveaux venus par ordre de familles et de préséances.

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