‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 124 sur 192 · Par A. de Nervèze, Lyon, Th. Ancelin, 1605, in · texte numérisé non relu

Par A. de Nervèze, Lyon, Th. Ancelin, 1605, in

que nous rappelions tout à l'heure, un éloge de la fidélité. C'est aux filles qu'elle s'adresse et elle les met en garde contre les dangereuses leçons de Vllecatomphile d'Alberti ^ dont on venait de rééditer, un an auparavant, la traduction - :

L'Hecatomphile, dit-elle, a donné de sages préceptes et des maximes fort assurées pour bien commencer une galanterie et la continuer avec contentement, « recuite en ces matières autant que femme de son mestier, pour avoir servi l'Amour sous cent enseignes, comme son nom le tesmoigne... »

Le beau nom de Monophile duquel je suis honorée, nom bien plus honorable que celuy d'Hecatomphile, vous peut faire juger que me estant modestement contenue dans les bornes d'une seulle Amour, je ne dois pas sçavoir tant de ruses en ce mestier qu'elle qui a tousjours porté l'inconstance peincte sur le front.

Ce n'est pas pourtant que je ne sçache fort bien la façon de laquelle il se faut conduire pour mesnager prudemment les Amours, pourveu que ce soyent des Amours non volages, ains arrestees. Celles-cy estant de mon seul et propre gibier 3.

Elle établit que si les hommes maudissent l'Amour, c'est la faute des inconstantes : elles font donc grand tort à ce dieu qui pourtant « quittant le ciel, vient loger chez elles, dans leurs yeux, dans leur sein, pour les combler de toutes ses douceurs ». Et elle ajoute cette spirituelle remarque : « Aux estats de ce monde, les subjects portent la pénitence des fautes de leur Prince : mais en celuy d'Amour, à ce que voy, le Prince porte la pénitence des fautes de ses subjects^. »

1. On voit bien que les deux titres se répondent. Sur Vllecatomphile voir plus haut, p. 52-54.

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