Édit. bilingue, Paris, M. Guillemot, 1596, in
« O que si nous pouvions gaigner cet advantage sur nous, mes gentiles fillettes, de reformer en nous ceste inconstance, de quels plaisirs pensez vous que l'Amour nous combleroit? C'est icy la fontaine de tous nos maux, fontaine qui procède de nous mesmes. Toutes les allarmes que nous avons continuellement en l'amour, les vaines crainctes, les trompeuses espérances, les jalousies, les tristesses sortent toutes de ceste source^. »
En 1599, on publie une Apologie de la Constance'^, long plaidoyer assez déclamatoire qui se termine par
cette péroraison véhémente :
Constance, fidelle gardienne de nos flammes et vraye Vestale d'Amour, qui ne permet jamais que son feu s'esteingne en nous qui sommes ses temples; Constance sans qui l'Amour n'est pas amour, mais une feincte, ou une ombre légère qui n'en porte que l'apparence pour nous décevoir. Bannissez, Mes Dames, loin des dévotes assemblées où les flesches de Cupidon sont révérées tous ceux qui la bannissent de leur cœur. Ne les jugez pas seulement comme criminels, infidelles ou sacrilèges, mais comme Athées en Amour, puis qu'en luy ostant la constance, ils luy veulent ravir son immortalité^.
Dans les Amoui^s de V Amant Converty (vers 1599)*", Jean Juliard montre l'un et l'autre sexe se disputant, à grand renfort d'exemples, la gloire d'être le plus fidèle.
Le Martyre d'Amour (1603) ^ de J. Corbin nous fait voir
2. L'Apologie de la Constance, ou Fléau des Inconstans, Paris, J. Gesselin, 1599, in-12, 75 ff. [Dédie, à M"' de Bellegarde signée N. R.J.
4. Les Amours de VAmant Converty , en forme de Dialogue : auquel l Amant redargue l'instabilité et variété de la femme, en exaltant la constance et prudence de l homme. Au contre, Diane respond, et monstre Vinconstance dHceluy : et esleve la grand' conduite, dextérité et admirable fidélité de plusieurs femmes : le tout par exemples tirez des histoires tant Payennes, que Sainctes, comme aussi de celles du temps présent ." et spécialement aux trois derniers livres, composé par Jean Juliard, Docteur es Droicts, Lyon, Jean Didier, 1604, in-12. [Ce n'est pas la première édition. Le Au Lecteur est daté du 24 janvier 1599 et le privilège du 30 mars 1599.]