Paris, Galliot du Pré, 1531, in
4. Landi en publia lui-même une réfutation (Venise, 1545. in-S").
5. Paradoxes, ce sont propos contre la commune opinion^ debatuz en forme de déclamations forenses, Paris, Ch. Estienne, 1553, in-S", 158 p.; Poitiers, 1553, in-8°; reveuz et corrigez pour la seconde fois, Paris, 1553, in-8" et 1554, 10-8"; Lyon, 1554 et 1555, in-16; Paris, 1557, in-16; Lyon, 1559, in-16; Paris, 1561, in-16; Paris et Rouen, 1583, in-16.
6. Extravagances d''amour, Paris, M. Guillemot, 1604, in-12. [Prir. du 20 mars 160i. Dédie, signée A. T. à M»' le Vidame du Mans, Senechal du Maine.]
Quelques paradoxes soutenus non sans bonne humeur ni sans finesse : « que l'absence en l'amour n'est point un mal » (2' extravagance); « que ce n'est point inconstance d'aymer deux femmes en un mesme temps;
et les Paradoxes d'Amouî^ du sieur de la Valletrye*. Ces recueils ont fourni aux auteurs de romans des idées, des exemples de discussions bien conduites-; ils ont surtout contribué à entretenir dans un certain public le goût de conversations dont la portée sans doute était limitée, plus sérieuses cependant et d'un intérêt plus général que les menus commentaires sur les événements du jour ou les puérils caquetages^. Les esprits se sont « affilés » en ces discussions, les âmes se sont affinées et par la on s'est rendu plus capable d'apprécier dans la littérature romanesque
et que ce n'est point infidélité d'ayme la maistresse de son amy » (5* exir.).
Quelques argumentations pro et contra : « A. Que l'amour n'est que folie, que desreiglement et tout malheur. B. Que l'amour n'est que vertu, que sagesse et tout bonheur » {extr. 6 et 7). — « A. Que la souvenance cause toute félicité à celuy qui ayme. B. Que la souvenance en amour est une peine extrême; au contraire que l'oubly est un souverain contentement » {extr. 9 et 10), etc.
1. Je n'en connais qu'une édition, qui n'est sans doute pas la première, Paris, Thomas Estoc, 1610, in-12, à la suite des Secrettes Ruses d'Amour. Ce petit recueil est d'un tour vif et ingénieux; on y soutient entre autres thèses : « que ce nest point inconstance d'aymer en plusieurs lieux »; que « l'espérance est plus agréable que la jouyssance » ; « que, pour aymer une fille de bas lieu, ce n'est point faire preuve de lascheté de cœur v; « qu'en amour on peut manquer de foy sans se parjurer »..., etc.
2. Ils leur ont fourni aussi quelques épisodes : nous trouvons, par exemple, des débats de cette nature, très régulièrement institués, dans l'Enfer cFamoiir (1603) de J.-B. du Pont, dans Lysimont et Clitye (1608) de P. de Deimier, dans Le Voyage des Princes Fortunez (1610) de B. de Verville (p. 621 et suiv. : « Qui est le plus fidèle en amour des dames ou des hommes? >•)
3. L'auteur des Esguillons d'Amour (1599) se moque agréablement des vulgaires propos auxquels peuvent se plaire les personnes de médiocre culture : médisances (f° 85, a), ou questions de toilette : « L'un sera une demie heure à contester sur une esguillette de livrée, l'autre à montrer ses aneaux, ou à oster un gand d'une fille, ou à parler de ses habits » (f'' 83, a); ou commérages mondains : « S'il est question de faire une gentile entrée en quelque beau devis, ce sera à dire ces nouvelles : Un tel est fiancé, Madame. Il a donné telles chaînes et bagues à sa fiancée. Elle est bien jolie,... etc. » (f" 87, a). L'auteur est d'avis qu'il faut laisser ces sottises aux « esprits ineptes et mal nays », comme dit Montaigne.
ce qu'il pouvait y avoir d'observation un peu délicate. Nous verrons tout à l'heure que, à quelques rares exceptions près, cette littérature n'a pas donné d'abord ce qu'on en pouvait attendre. Le développement sentimental n'y a été que trop abondant; malheureusement, que la faute en soit à l'incapacité des auteurs ou à certaines conventions du genre, il a manqué en général d'originalité et de profondeur. Mais quand paraîtra ÏAstrée, elle trouvera des lecteurs capables d'en goûter les fines analyses.