‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 132 sur 192 · CHAPITRE VII La politesse et la galanterie · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII La politesse et la galanterie

Il faut signaler encore un dernier caractère de la société nouvelle, qui a influencé plus qu'aucun autre le roman de cette époque et a peut-être contribué à le détourner d'une observation plus personnelle et plus pénétrante : c'est l'amour des formes courtoises et des belles façons de dire.

Il n'est pas douteux que la galanterie a refleuri en France aussitôt après la fin des guerres civiles. On connaît, avant les réunions de l'Hôtel de Rambouillet, l'art des attentions délicates et des jolies inventions amoureuses. Le Jardin d'Amour de Passerat, dédié à la marquise de Monceaux^, annonce la Guirlande de Julie. La mode se répand d'offrir de petits cadenas qui ne se peuvent ouvrir ni fermer « que par quatre lettres, qui sont A, M, O, R, qui font Amor, lesquelles sont gravées avec plusieurs autres aux dits cadenas- )>. On rappelle sans cesse aux jeunes gens qu'ils doivent perfectionner leur culture s'ils veulent être bien reçus dans le monde ^.

1. Dans le Recueil des Œuvres poétiques de Jean Passerat, lecteur et interprète du Roy, Paris, Claude Morel, 1606, in-S", p. 26 et suiv.

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