Ed. F. Conscience, Paris, 1870, p
2. Dans le même Dialogue, le Democritic avoue que le courtisan « parle bien », « principalement devisant de cette sottise d'amour : entendu que de tous ses propos ne s'en trouve pas un qui ne tende à offrir son service : et tant s'est abastardi l'esprit de l'homme, que celuy qui Je fera autrement, sera estimé incivil et mal appris... » (Ibid., p. 32.)
Brantôme parle (Dames Galantes, Discours VI) de ces « vaillants qui, quand quelques honnestes dames leur font cest honneur de les aimer..., laissent dans le camp leurs furies et leurs rages, et dans les cours et dans les chambres s'accommodent aux douceurs et à toutes les honnestetez et courtoisies ».
par leurs mignardes et affectées responces ». — « II est bien vrai, répond le Cosmophile, qu'une bonne part des Courtisannes dérobent leurs responces en ces livres d'amour, et non pas toutes, car celles là qui ont l'esprit meilleur, ne veullent point estre veuës rien emprunter de l'autruy, ains de leur propre esprit s'en forgent de toutes nouvelles ^ »
Les personnes qui avaient a l'esprit meilleur » devaient être en minorité sans doute : car nous voyons se multiplier ces Thresors des liç/^es d'Amadis où l'on avait soigneusement rassemblé les discours, les lettres, les demandes et réponses, les complaintes, toutes les « choses excellentes » dont pouvaient faire leur profit des galants dans l'embarras. Un Thresor des douze Iwres paraît en 1559, trois ans après la traduction du XIP livre ^. Puis, à mesure que de nouveaux livres sont mis en français, le volume, de dimensions déjà respectables, s'étend et s'amplifie. Les Discours des XIII livres d'Amadis de Gaule^ ont 600 pages. Le Thresor de tous les livres d'Amadis de Gaule'* remplit deux volumes; on le rééditera encore, au moins deux fois % au commencement du xvii^ siècle.