‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 140 sur 192 · On connaît ses vers de VOdc à Henri IV · texte numérisé non relu

On connaît ses vers de VOdc à Henri IV

Que si je ne vole aussi haut Comme du Perron et Bertaut, Il faut pardonner à l'espee :

Ma plume sent la qualité D'un homme ([ui porte au costé Le taillant dont elle est coupée.

3. Boileau le cite encore, avec Corbin, parmi les auteurs oubliés (Art Poet., IV. v. 36).

4. Le plus fécond des deux est de Nervèze. Personnage à demi officiel (il fut secrétaire de la Chambre du roi Henri), ayant l'expérience de la Cour et du Monde (il le dit lui-même dans La Guide des Courtisans^ Paris, 1606, in-12, f° 118, b), il a touché à tous les genres qui pouvaient plaire aux lecteurs ou lui assurer d'utiles appuis. Auteur d'une douzaine de romans, il a composé aussi des poésies galantes (Essais Poétiques, Paris, A. du Brueil, 1605. in-12), des Poëmes Spirituels (Paris, T. du Bray, 1606, in-12), et des Epistres morales qui ont été publiées (Paris, T. du Bray, 1610, in-S") avec une traduction espagnole en regard: il s'est fait une spécialité des lettres de consolation, écrites au lendemain des trépas illustres : sur la mort du duc de Montpensier (1608), du roi (1611), du connétable de Montmorency (1614), de la duchesse de Nevers (1618). Sa Guide des Courtisans semble avoir été écrite sous l'inspiration

ont eu tant de vogue pendant vingt ans^ et qui ont du a ce succès d'être cités pendant un demi-siècle comme les plus parfaits modèles du style affecté -.

11 n'en reste pas moins que les romanciers de cette époque sont surtout des amateurs, et rien n'est plus significatif que ce mouvement qui porte vers le roman tant de personnes d'origines si différentes. La Province suit Paris, les bourgeois suivent les gentilshommes. Un jeune cordelier, Baptiste Bugnet, publie, sans le signer. un « traicté d'amourettes )> dont « le discours est fort joli^ )). On voit un ancien tailleur, le sieur de LafFemas,

d'Henri IV : il y combat (ch, iv) la manie des duels, il y juge sévèrement (T 52 et suiv.) l'oisiveté et lignorance des gentilshommes, « erreur dommageable à nostre noblesse » qui fait que « le service de l'Estat tombe es mains des autres hommes » (Du Souhait avait développé la même idée dans son Parfait Gentilhomme [1600], {" 13); enfin, et cela est assez piquant, il condamne (f" 54, b) l'emploi que font les jeunes seigneurs de cet art « de bien parler et de bien escrire » dont il était alors un des maîtres les plus renommés : « Ces qualitez si propres aux Cavaliers..., un chacun les désire non tant pour les employer aux choses sérieuses et honnestes qu'à ce qui touche l'amour, pour avoir par ces charmes le pouvoir sur d'autres charmes. C'est avec ceste douceur de langage qu ils veulent destremper le venin de leurs desseins amoureux; mais c'est offencer l'honneur de ceste perfection de bien parler, de luy donner pour but une action vicieuse. »

1. D Aubigné, dans ses Lettres {Œuvres, éd. Réaume, I, p. 453), met de iServèze dans •< la bande délicate » des poètes « à la teste desquels est Bertaud ». Maynard écrira assez longtemps après :

Tout ce que jay d'auditeurs Est de ce temps où Nerveze Fut le roy des orateurs.

Dans la Mazarinade de 1649 citée plus haut, Le Commerce des Nouvelles restably, on lit (p. 4) : « Nerveze et Des Escuteaux raffinèrent leur stile et commencèrent à parler Phœbus ; ils furent les mignons des Dames, et quelques-unes les portoient au lieu d'heures à l'Eglise; s'il se formoit entr' elles quelque différent touchant un terme, on s'en rapportoit à Nerveze, et qui l'eust voulu contredire auroit esté chassé comme un peteur de la compagnie. »

2. On lit encore à la fin du Parnasse Reformé (1668) de Guéret, dans V Ordonnance d'' Apollon (Article v) : « Bannissons des terres de nostre obéissance le style vulgairement appelle de Nerveze et des Escuteaux. »

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