‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 141 sur 192 · L'Estoile (février · texte numérisé non relu

L'Estoile (février

FIN DU XVr ET COMMENCEMENT DU XVIl'^ SIECLE 267

se risquera écrire des histoires ^ Après avoir cité ses Amours Trai^iques (1607), L'Estoile ajoute : <c L'aucteur est le sieur de LafTemas. jadis tailleur..., auquel sa Majesté dit, un jour, comme il lui présentoit un livre qu'il avoit fait, qu'il entendoit, puisque les tailleurs comme lui faisoient les livres, que ses chanceliers doresnavant lui fissent ses chausses' ».

L'anecdote est amusante ; mais le cas, naturellement, est exceptionnel. Les auteurs bourgeois même sont en minorité. Il semble bien que le plus grand nombre des romanciers ont appartenu a la société pour laquelle ils écrivaient^. S'ils ont manqué, en général, d'une culture littéraire qui les aurait préservés de quelques défauts, ils ont bien connu en revanche les dispositions et les goûts de leur public. C'est d'ailleurs un gentilhomme, et même un ancien capitaine, qui apportera un peu plus tard à ce public l'œuvre décisive où il rencontrera son idéal.

Le roman nouveau n'est pas fait pour les gens du

1. C'est Barthélémy de Laftemas, dit Beausemblant, attaché au service domestique de Henri IV, tapissier et tailleur de sa maison, économiste distingué dailleurs. Nous avons déjà parlé de son fils, Isaac de LafTemas.

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