‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 143 sur 192 · Œuvres (1599), f° 1, b · texte numérisé non relu

Œuvres (1599), f° 1, b

5. Les princes et les princesses n'apparaissent que très rarement. Des membres des familles royales de Suède, de Danemark et de Pologne dans Les Amours de Poliphile et de Melloniniphe, de Du Souhait, et dans la suite : Les Amours de Palemon (1599). Deux petites princesses exoti-

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gentilshommes et ces demoiselles, la mode ne s'est pas encore établie de les revêtir du déguisement pastoral; on les représente dans leurs ordinaires façons, dans le train normal de leur existence, dans le décor opulent de leur vie oisive. Le seul travestissement admis est celui des noms, qui ne sont pas encore les noms romains, ou persans, ou mauresques, dont la mode viendra plus tard, mais plutôt des « noms à la grecque », comme dit SoreP, qui sonnent « je ne sçay quoy d'amoureux et de doux^ )) : Lydamas, Lirisis, Filomène, Filandre, Poliphile, Yrion, Patrocle ou Philotimore, Myrtille, Palmélie, Yonice, Mellonimphe, Melliflore ou Pallinoé.

Le choix des sujets donne lieu à des remarques plus intéressantes.

Le premier fait qui nous frappe, c'est que la littérature romanesque tend déjà à devenir nationale, à s'affranchir des influences antiques et à s'opposer aux modèles italiens ou espagnols.

(( Amours françois et non estrangers », annonce l'auteur de Lydamas et Myrtille (1594), et il condamne, nous l'avons vu ^, les passions « incestueuses et adultères » de l'Arioste. Déjà Jacques Yver avait protesté contre cette opinion ofTensante que les Français ne vivent que d'emprunts, « couvans les œufs pondus par les autres et se contentans bien d'aller mendier la mercerie d'autruy pour la rapetasser et en faire après quelque monstre à leur Nation, comme si affamez nous

ques vivant à la Cour de Portuga], la fille du roi de Cochin et la fille du roi de Gananor, dans Les Pudiques amours de Calistine (1605).

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