‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 145 sur 192 · Préface^ p · texte numérisé non relu

Préface^ p

FIN DU XVI® ET COMMENCEiMENT DU XVII*' SIECLE 271

empruntés de Thistoire ou de la légende grecque ou romaine :

Qu'est il besoing, s'écrie Du Souhait, de mendier chez les anciens le tesmoignage des elTects de l'Amo'ir, puisque nostre siècle les faict naistre. Ne croirons nous pluslost à nos yeux qu'à nos oreilles? Qui sont ceux tant amis de l'antiquité et ennemis de leur aage qui donnent vie à des histoires rapportées de nos pères, pour ensevelir celles qui naissent avec nous*?

« Hélas! )) lit-on de même en tête des Amours de Melite et de Statiphile (1609),

Helas ! qu'est il besoing recourir aux masures de l'antiquité, remembrer les siècles passés, escheler les Cieux comme nouveaux Promethees, pour y desrober quelque science d'Amour, et au moyen d'icelle descouvrir sa puissance tyrannique, pour ne tenir compte des estranges accidens qu'ordinairement nous produit l'excès d'une passion amoureuse, en nos contrées, en l'enclos de nos villes et de nos maisons 2.

« On ne verra pas dans mou livre, ajoute l'auteur, des evenemens tragiques, des fictions de Psyché avec son Cupidon, ny les regrets de Pœneloppe, ny les ruses d'une Medee : mais bien la vérité de ma passion, le progrez de mes amoureuses recherches et fascheux accidens d'icelles, la fidélité d'un serviteur payé d'inconstance ^ ))

Le temps n'est plus où les « devisantes )> de V Amant Ressuscité s'attendrissaient au souvenir des tristes amours de Didon. En 1610, Pierre de Deimier avertira les romanciers qui seraient tentés de traiter des sujets antiques qu'ils devront prendre soin de les travestir h la

Page 1