‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 151 sur 192 · Le Triomphe de la Constance (1605), f" 131, a · texte numérisé non relu

Le Triomphe de la Constance (1605), f" 131, a

3. Les Douces Affections de Lydamant et Caillante (1607), f° 90, a.

FIN DU XVI* ET COMMENCEMENT DU XVIl'^ SIECLE 281

flatterie : il n'est pas douteux toutefois que ces hommages aient été le plus souvent sincères, et leur unanimité prouve une fois de plus combien a été rapide et complète la réconciliation du roi avec la partie la plus distinguée de la nation.

Quelques romans vont plus loin. Leurs auteurs ont vu quel parti Ton pouvait tirer des luttes qui venaient de prendre fin; ils ont compris que la religion, selon l'expression de l'un d'entre eux, était « un puissant et passionné subject^ » et ils ont posé cette situation vraiment dramatique d'un amour contrarié par l'opposition des intérêts politiques et des croyances.

Le Désespéré Contentement d'Amour (1599) est autant un roman historique qu'un roman sentimental. Il rapporte un épisode des guerres civiles qu'il prétend véritable, qui l'est sans doute et qu'il interprète visiblement du point de vue catholique.

Nous trouvons au début les généralités ordinaires sur la violence des dissensions intestines où « chacun, pensant avoir la raison et la vérité de son party, ne recevoit point de limite h sa fureur » :

Il y a trente ans ou plus, sans remonter plus hault, que nostre misérable France est le théâtre où se représentent les plus sanglans et tragiques spectacles qui se soyent jamais veus, et où soubs la fueille de pieté les plus signalées impietez se sont commises, les loix de l'humanité les plus confondues, et celles de la Nature les plus violées et perverties^...

Puis l'action s'enscaffe.

Les deux frères de Grandlieu, élevés dans la religion nouvelle, ont pris les armes « pour ce party là en

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