‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 152 sur 192 · Le Désespéré Contentement d'Amour, p · texte numérisé non relu

Le Désespéré Contentement d'Amour, p

l'an 1567 w. Tous deux deviennent amoureux de la demoiselle de Beauval qui est catholique. Jaloux l'un de Tautre, ils en arrivent bientôt à se haïr mortellement, les inimitiés étant « plus irréconciliables entre personnes

nourries d'un mesme san<T ».

Les préférences de la jeune fille vont au plus jeune, mais sa mère favorise l'aîné à qui est revenue toute la fortune de sa maison. Pour assurer son avantage, cet aîné son^e a se convertir. M™® de Beauval l'v pousse de toutes ses forces, lui répétant « que la contrariété de la religion est un plus grand obstacle que nul autre )>. Un cousin achève de le décider en lui faisant longuement le procès de la religion réformée, en énumérant ses erreurs et les maux qu'elle a causés ^

La-dessus les hostilités recommencent. Les deux frères se trouvent maintenant en deux camps opposés, l'aîné suivant l'armée du roi, le plus jeune celle du Prince de Condé. Nous les vovons tour a tour s'illustrer par leur valeur au cours d'opérations militaires assez compliquées; enfin un hasard les jette en face l'un de l'autre. La jalousie, la passion religieuse leur mettent le fer aux mains : le plus jeune l'emporte, il épargne la vie de son frère, mais il le fait prisonnier et l'envoie humilié à sa maîtresse pour qu'elle décide de son sort.

La paix aussitôt conclue-, il court au château des dames de Beauval pour recevoir le prix de sa victoire et de sa galanterie; mais il y apprend avec désespoir que son aîné a pris sa revanche. M"'^ de Beauval, de plus en plus sensible aux considérations de fortune et de religion, a contraint la volonté de sa fille dans une scène violente où elle l'a fait tomber évanouie à ses pieds.

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