Sans doute la paix de Longjumeau
FIN DU XVl^ ET COMMENCEMENT DU XVIl^ SIECLE 283
Elle a hâté les fiançailles, le mariage va être célébré.
Le jeune de Grandlieu s'enfuit éperdu : il quitte la France, gagne Venise et s'embarque pour le Levant. Dans LArchipel, son vaisseau fait naufrage : il est recueilli par un navire espagnol qui ramène d'Asie quelques missionnaires espagnols et portugais. Ces dévots personnages entreprennent de le convertir. « A force de bonnes et sainctes admonitions », ils le retirent de sa funeste erreur. Il rentre en France catholique. Le Ciel ne lui fait pas attendre sa récompense. Son frère est mort, quelques jours avant le mariage : il hérite de sa fortune et il épouse sa fiancée.
L'histoire, contée par des Escuteaux, des Amours de Clidamant et de Marilinde * se passe à peu près à la même époque; mais, cette fois, l'auteur est évidemment favorable à la cause protestante.
Dans la ville d'Arles vivent, voisines l'une de l'autre, deux très anciennes familles, celle de M. de Chasteaugéran et celle du marquis de Carillan. Le marquis de Carillan a un fils, Clidamant, comte d'Arion; M. de Chasteaugéran a une fille, Marilinde. Ces jeunes gens s'aiment et ils se sont avoué leurs sentiments à la suite d'un lonpcommerce de galanteries, dont aucun détail ne nous a été épargné.
Clidamant est huguenot. Marilinde est catholique ou plutôt on la croit telle, car dans le fond de son cœur elle cache une vive inclination pour la religion réformée que sa mère lui a fait connaître.
Le père de Clidamant, informé des véritables sentiments de la demoiselle, serait content de la voir épouser son fils. Mais M. de Chasteaugéran ne veut pas d'un gendre