L'Erocaligenesie (1602), P 117, a
7. Le Proumenoir de M. de Montaigne (1594), dans VOmbre de la Damoiselle de Gournay, p. 682.
belle Victoria, ne vous enflez pas si tost du vent de ce bonheur M » « Courage, Cariphile-! » « Courage, Faustiane, le ciel embrasse vostre bonheur! )> « Où allés vous, Faustiane, ne voyez vous pas que vous courez à vostre ruine ^? » — la véhémence de certaines invectives qui contraste avec la politesse exagérée des discours. Tout cela ajoute au style de ce temps un caractère d'enflure et de vulgarité qui le date.
L'on reconnaîtra, sans qu'il soit besoin d'insister, que l'on a apporté plus tard dans la préciosité plus d'esprit et plus d'élégance. Mais il importait de constater que les précieux et les précieuses de la grande époque n'ont fait que reprendre, avec plus d'aisance et un souci nouveau de la pureté et de la délicatesse, le langage figuré en faveur au commencement du siècle, et que le mouvement dont Somaize s'est fait l'historien plus ou moins fidèle n'a été qu'une continuation.
Ce premier accès n'a pas été très long. Son début a coïncidé avec la reprise de la vie mondaine et a donc suivi de très près la pacification de Henri IV. C'est bien à peu près cette date qu'indique Roussel, le seul romancier qui ait protesté contre l'afféterie à la mode, quand il inscrivait en tête de Cleophas et Sephora, en 1601, la déclaration que voici :
« N'attendez pas de moi d'autre langage que de mon WÊk cru, simple et non fardé, pour lequel déguiser je n'ay ' point voulu tyranniser mon ame ny m'embarasser en des y clauses et périodes soigneusement recherchées, qui sou- I vent par trop d'affectation deviennent si estranges et ' obscures que nous avons maintesfois de la peine à les