‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 179 sur 192 · La Chasteté Violée (1604), f° 7, a, et 17, b · texte numérisé non relu

La Chasteté Violée (1604), f° 7, a, et 17, b

FIN DU XVl'^ ET COMMENCEMENT DU XVII*' SIECLE 337

entendre, et l'autheur mesme auroit assez affaire à en trouver l'intelligence. Que si vous trouvez mon stile bas et humble, au moins en rapporterez vous ce contentement que vous ne travaillerez point à en comprendre le sens : et si j'espère que ceux qui voudront juger sans passion avoueront qiiil n'y a pas encore dix ans^ lors que la pureté de nostre langue estoit en sa vogue, que l'on escrivoit ainsi »

Aux environs de 1610, nous trouvons encore plus d'un ouvrage où s'étale le plus impertinent jargon, des dissertations amoureuses comme La Liberté assiégée par V Amour ^, des romans comme Le Bouquet de la Feinlise (1610), de Bernard Astier, ou Les Amours de Cœlidor et de la belle A^mee (1612), de F. de Menantel, essais trop bien intentionnés de provinciaux qui retardent^. Des Escuteaux ne cesse pas d'écrire ^ et n'écrit pas d'un autre style. Le langage a le plus galimatias » continue encore à se parler dans certains cercles mondains * : on en peut juger par les conversations que Francion dit avoir entendues chez la demoiselle Luce ^. Ainsi l'on peut dire qu'il n'y a pas d'interruption absolue dans le courant précieux. Mais il n'est pas douteux qu'un mouvement de réaction se soit produit vers la fin du règne de Henri IV.

Les procédés trop visibles, le zèle maladroit des maîtres du beau style appelaient en quelque sorte cette réac-

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