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pour le salut de tous » ; elle lui demande de la prendre en pitié, puisque c'est lui qui « par pénitence » l'a « soumise à l'indissoluble Amour », de ne pas tuer sa pauvre âme avec son corps, de lui rendre Pamphile pour qu'elle puisse « vivre icy bas joyeusment, en premier lieu », et puis, avec lui « la hault », à la fin de ses jours*.
Tantôt elle est comme une victime accablée et presque résignée, lorsqu'elle croit, sur un faux rapport, que Pamphile a été marié, mais contre sa volonté :
Quand me fut licite me retiray seulle en ma chambre ou commencay a plaindre et plourer tant que les larmes furent suffocquees en mes yeulx et toute l'humidité de ma douloureuse teste tairie et mes esperitz de vie estainctz jusques auprès de la mort^.
Son désespoir est extrême, mais sans colère.
Tantôt, lorsqu'elle apprend que Pamphile n'est pas marié, mais qu'il a pris en sa ville une autre maîtresse (ces nouvelles incertaines, arrivées par grand hasard, sont les seuls faits extérieurs qui modifient ses dispositions), la jalousie en elle devient si forte qu'elle efface tous les autres impressions, même le dépit et la honte d'avoir été si longtemps trompée. Elle accuse son amant d'une voix devenue « furieuse et enragée », elle se le représente caressant sa nouvelle dame, lui riant de ces mêmes yeux qu'elle avait vus pleins de larmes au jour de la séparation. C'est alors le dernier degré de la souffrance.
Le premier traducteur a peut-être senti que là s'arrêtait la progression des douleurs de Fiammette : il a négligé les deux derniers livres où elle n'a plus qu'à entendre et à repousser les consolations de ses confi-