Cf. Pio Rajna, Le Fonti delT Orlando Furioso, p
6. Cf. Adolf Schaefifer, Geschichte des spanischen Nationaldramas, 1890, t. L
7. Cf. Koeppel, Queîlen Studien zu den Dramen Ben Jonsons, JoJin Marston's und Beaurnont ^' Fletcher s {Miinchener Bcitrage, XI, 1895), cité par Menéndez y Pelayo, Origenes..., p. 336.
8. Tragi-comédie, Paris, A. Courbé, 1636, in-8*. Notons que chez Scu-
L'autre roman de Juan de Flores, Breçe Tractado de (9/'îV?zfl7^e 2/ (z7'«c?/55a*, pourrait comme le précédentprendre place dans la littérature « féministe ». L'auteur espagnol, en donnant une suite à l'histoire de Fiammette ^, semble s'être moins soucié d'exploiter à son profit le succès d'un ouvrage très répandu que de donner une satisfaction aux dames qui avaient pris si ardemment le parti de l'héroïne de Boccace et maudit avec elle l'inconstance de Pamphile.
Une jeune dame, Gradisse, s'est tellement attendrie sur les douleurs de Fiammette qu'elle se sent « non moins navrée et oultraigee qu'elle ». Elle en veut mortellement à tous les hommes, elle se promet de ne jamais céder à l'amour et elle rebute cruellement son fidèle chevalier Grimalte^. Dans l'espoir de rentrer en grâce, Grimalte s'engage h partir « au pourchas » de Fiammette qui a quitté Naples, dit-on, pour chercher Pamphile en son pays.
Après avoir fait un long chemin par des terres incon-
déry la question se résout non pai* un procès régulièrement instruit, mais par un combat en champ clos.
1. Il ne paraît avoir été imprimé qu'une fois en Espagne (s. 1. n. d., in-4°, goth.) et l'on n'en connaît plus qu'un exemplaire que possède la Bibliothèque nationale de Madrid.
Il a été mis en français, en 1535, par Maurice Scève : La Deplourable fin de Flaniecte^ élégante invention de Jehan de Flores Espaignol, traduicte en langue françoyse, Lyon, Françoys Juste, in-8°, 71 fF. , goth. Le traducteur ne s'est désigné que par sa devise deux fois répétée : souffrir-
SE OUFFRIR.
Le texte que nous avons eu sous les yeux est celui de la deuxième et dernière édition de cette traduction, parue l'année suivante, Paris, Denys Janot, 1536, in-S°.
2. Rappelons que la première édition connue de la traduction espagnole de la Fiammette de Boccace : La Fiameta de Juan Vocacio est de 1497 (Salamanca, f°, goth., 44 ff.) : le petit livre de Juan de Flores est vraisemblablement postérieur à cette date.
3. Par allusion, sans doute, à quelque épreuve amoureuse qu'il avait endurée, l'auteur nous dit qu'il a voulu se représenter lui-même sous ce nom.
iiiies, « fort lassé et fasché » de cet ingrat voyage, un jour il voit venir vers lui une dame « pompeusement parée et de honnestes aornemens acoustree ». Il l'interrocre, reconnaît Fiammette et se met à son service. Ils traversent ensemble plusieurs provinces et cités et arrivent enfin « en une dévote maison de frères, laquelle estoit bien prochaine de la ville de Florence, dont estoit natif Pamphile ». Ils sont là bien accueillis et Fiammette fait aussitôt porter à son amant une lettre où elle lui promet son pardon.
Pamphile lui répond d'une façon brutale et offensante : Pourquoi, lui dit-il, me venir chercher ici, « où il me fault plus honnestement contenir que ailleurs ».
Quelle mauvaise pensée t'a esmeu de venir de si loingtain pays pour si peu de chose qui est deshonnorable et grandement honteuse... Et d'avantage j'ay congneu que plus par désir charnel que de cordialle amour tu t'es laissée vaincre, en délaissant ton tant noble mary et telle seigneurieuse maison que n'eu congnoys nulle semblable *.
Cette lettre ne décourage pas l'obstinée passion de Fiammette; Grimalte, h sa prière, se charge d'un second message : il décide Pamphile à se rencontrer une dernière fois avec sa maîtresse.
Cette entrevue des deux amants est émouvante. Fiammette a couru à la porte du monastère, essayant de dissimuler son trouble « pour la vergongne qu'elle avoit d'aucuns estans la presentz ». Elle prend Pamphile par la main et le conduit, avec Grimalte, « dans sa secrète chambre » . Là tous deux ils restent longtemps sans pouvoir parler « sinon par signes de œil et merveilleux maintien ». Pour Fiammette l'émotion est si forte (« bataillant