‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 45 sur 192 · I, XI · texte numérisé non relu

I, XI

c II peult seurement aller par tout : car pour la conservation de ton honneur, je ne le vouldroye aulcunement molester : mais je souhayte le tenir dedans mes boys, à l'heure je useroye de cruelle ▼indication, en luy faisant très griefz et innumerables tourmens : puis après que mon appétit seroit rassasié de le travailler, je te feroye présent de son corps tout desrompu et lasseré. »

Et Hélisenne terrifiée demande à Dieu de lui « octroyer la mort » plutôt que de laisser son mari « commettre homicide en la personne de celuy qu'elle ayme * )).

Elle n'a d'autre réconfort que les songes où elle voit son ami, entend ic ses doulces et melliflues parolles )), reçoit ses amoureux baisers : elle déteste le jour dont la venue interrompt « ce dormir plus gracieux » que la veille ^.

Elle écrit : son mari surprend encore ses lettres, court sur elle, l'épée à la main. Attirés par le bruit, des serviteurs le retiennent. Le scandale est grand dans la maison : les demoiselles même d'Hélisenne prennent parti contre elle.

N'ayant péché encore que d'intention, elle est ainsi arrivée au dernier degré de la douleur. A bout de forces, elle se laisse conduire sans résistance dans un petit château nommé Cabasus. Son mari l'y laisse, enfermée dans la plus grosse tour, sous la surveillance de deux demoiselles.

Là s'arrête la première partie des Angoysses douloureuses^ la seule qui nous intéresse. Les deux autres sont d'un caractère tout à fait différent, et il nous suffira d'en

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