Prologue
2. Trad. de 1585, VII, 409, a. (Le ch. vu ne figure pas dans la première traduction.)
Hélisenne, je croy qu'en ma journée natale tous les dieux contre moy conspirèrent : car toutes les peines qui sont particulièrement et divisement es misérables, sont en moy *. »
Toutes les deux cherchent encore une consolation dans la sympathie des dames amoureuses. Fiammette dit : « Il me semble, nobles dames, qui avez les cueurs en amours plus heureuses que moy, qu'en vous racomptant mon misérable cas et infortune, prendrez de mon malheur quelque compassion ^ ». Hélisenne espère pareillement que ses « extrêmes douleurs provocqueront les honnestes Dames à quelques larmes piteuses ».
Toutes les deux se flattent de donner par leur exemple une salutaire leçon : « Comme tu le peux bien, dit Fiammette en son adieu à son « petit livret », demonstre tellement mon faict [à celles qui te liront] que, si elles sont sages en leurs amours, elles deviennent très sages pour obvier aux secrettes embusches et tromperies des jeunes hommes, par la peur de nos maulx^ ». Hélisenne, en son Epistre dedicatwe, souhaite que a les très chères Dames », voyant comme elle a été surprise, apprennent « à éviter les dangereux laqs d'amour, en y résistant du commencement, sans continuer en amoureuses pensées ». Dans un autre passage, cité plus haut : Si j'ai tant souffert, dit-elle, « je croys que c'estoit prédestination divine, par ce que je congnoys que serviray d'exemple aux autres ».
Chez toutes deux la passion est un feu soudain, un coup de la destinée. Paisibles jusque-là, aimant leur jeune mari, du jour où elles se sont trouvées en présence de