‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 52 sur 192 · I, XXI · texte numérisé non relu

I, XXI

3. « 0 mon corps tant délicat et délié, comment peulx tu souffrir tant de maulx inhumains? » (I, xxiii).

nos histoires où Ton voie reculer la fiction romanesque et passer au premier plan l'élément sentimental.

Il vaut peut-être mieuxque l'auteur n'ait pas conservé aux parties suivantes le même caractère : elle se serait forcément répétée et la complainte serait devenue par trop monotone. Les Mémoires d'Hélisenne s^arrêtent à sa captivité, et c'est maintenant Guénélic qui prend la parole.

La dame de Crenne avait bien senti que cet amant ne paraissait pas sympathique ^ et elle savait aussi pourquoi il avait déplu. Dès le début de la deuxième partie elle s'applique, assez gauchement d'ailleurs, à atténuer ces premières impressions. Elle prétend qu'elle s'est trompée ou qu'elle s'est mal expliquée. Il ne faut rien croire, assure-t-elle, des indiscrétions et propos médisants dont je lui avais fait un crime : ce n'étaient que méchants bruits rapportés par « faulx délateurs ». Je l'avais nommé, ajoute-t-elle, homme de basse condition : je ne l'avais dit que « pour ce qu'il n'estoit égal à moy qui avoye en ma posession plusieurs chasteaulx, terres et seigneuries. Je n'entendz point qu'il ne fust noble, toutesfois paouvre gentilhomme estoit : mais ses vertuz l'ont exalté^ ».

La Seconde Partie ^ va nous montrer l'ascension de Guénélic vers Hélisenne : il sera désormais fidèle, tendre, persévérant; en compagnie de son noble ami Quezinstra il gagnera par maint exploit l'honneur d'être armé chevalier : il combattra des brigands, prendra part à des tournois, à des assauts, à des batailles, voyagera sur mer

1. Peut-être par des lectures qu'elle aurait faite de la Impartie, Mais pourquoi, dans ce cas, n'avait-elle pas modifié la .'physionomie du personnage ? On serait tenté de supposer qu'il y a eu une impression séparée — aujourd'hui perdue — de ce premier morceau.

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