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2. Le Premier livre du Nouveau Tristan, Prince de Leonnois, chevalier de la Table Ronde et d'Yseulte, princesse d^Yrlande, Royne de Cornouaille, fait françoys par Jean Maugin dit l'Angevin. Paris, V^' Maurice de la Porte, 1554, f°. [Déd. à M. de Maupas, datée du 20 juin 1554.]
3. Histoire contenant les grandes prouesses, vaillances et héroïques faicts d'armes de Lancelot du Lac, chevalier de la Table Ronde... Lyon, B. Rigaud, 1591, 8°.
mesure, la formation du roman d'analyse, non seulement parce qu'il contient un long traité de l'art d'aimer * et que toute étude de tactique amoureuse ne peut aller sans quelque psychologie, mais aussi par ce qu'il se développe autour d'une intrigue dont les épisodes et les péripéties : rencontres, déclarations, prières, résistances, brouilles, désespoirs, réconciliations, médisances, soupçons et leurs suites, deviendront les thèmes classiques des fictions sentimentales. On avait là, voilée par l'allégorie, toute l'histoire d'une jeune passion, des hésitations, des combats d'un cœur féminin qu'émeuvent la sympathie, la pitié, que troublent les appels de l'instinct et du plaisir, que retiennent la Raison, la Chasteté, la Peur, la Honte et qui, lorsque semble finie la lutte intérieure, se trouve encore arrêté par les obstacles matériels dont Maie Bouche et Jalousie ont semé la route amoureuse. Histoire si simple, si vraisemblable, si commune qu'on peut croire que l'auteur a voulu rapporter là sa propre aventure avec les réserves et les déguisements qu'imposait alors le code de la courtoisie.
Sans doute le procédé du poète, parce qu'il élimine des personnages tout ce qu'ils peuvent avoir d'individuel pour les simplifier en abstractions semble s'opposer h l'esprit de la fiction romanesque qui prétend reposer toujours sur quelque réalité; mais, d'autre part, en isolant les uns des autres pour les personnifier les sentiments d'une même âme, il les oppose, il les met en conflit, il les oblige à agir et à s'exprimer et favorise si bien par là l'étude des états d'âme et des mobiles de l'action que l'on a pu appeler cette première partie du Roman de la Rose une épopée psychologique.