‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 66 sur 192 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La période des guerres civiles.

Les guerres de religion qui se sont continuées chez nous pendant trente-deux ans — du massacre de Vassy (1562) à la reddition de Paris (1594) — n'ont pas arrêté, on le sait bien, les progrès de notre littérature. Pendant cette période Ronsard donne ses Discoui^s et sa Franciadey Du Bartas la Semaine^ Desportes le meilleur de son œuvre et, pour ne pas citer d'autres exemples, Montaigne ses Essais. Dans la capitale^ au Louvre du moins et aux Tuileries, les guerres n'ont pas non plus suspendu la vie brillante. Brantôme, entre autres, nous apprendrait que la cour de nos rois, Charles IX ou Henri III, est encore le théâtre de belles galanteries; il parle avec admiration de l'entourage de la reine Catherine, de ce cercle où « elle avoit ordinairement de tort belles et honnestes filles, avec lesquelles tous les jours on conversoit, on discouroit et divisoit ^ ». Le souvenir de ces fêtes, de ces élégantes assemblées demeurera longtemps. Henri IV se proposera plus tard de les faire revivre quand, son autorité partout bien établie, il sentira la nécessité politique de se créer une cour-, et après lui, jusque vers le milieu du xvii® siècle,

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