‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 67 sur 192 · Éd. Lalanne, t. VII, p · texte numérisé non relu

Éd. Lalanne, t. VII, p

2. Brantôme, Des Dames {Catherine de Médicis) : « J'ay ouy conter que

on se les représentera encore comme des modèles inimitables ^ Les femmes sont natu rellement le centre de ces plaisirs, l'ornement indispensable de cette existence magnifique ", on les associe aux divertissements les plus relevés et l'Académie des derniers Valois compte des académiciennes ^. En province même il est remarquable que la vie de société tend à reprendre, dans les intervalles de paix, et l'on peut citer des réunions privées, comme celles que tenait M™^ l^es Roches*, où les beaux esprits se font valoir'.

nostre roy d'aujourd'huy [Henri IV], quelques dix huict mois après qu'il se vist un peu avant dans la fortune et espérance d estre un peu roy assez universel, se mist un jour à discourir avec feu M. le mareschal de Biron des desseings et projects qu'il faisoit pour ung jour faire sa court planteureuse, belle et du tout semblable à celle que nostre dicte reyne entretenoit... y (Éd. Lalanne, t. VII, p. 400.)

1. M"® de Seneterre [Saint-Nectaire], qui avait connu dans sa jeunesse la Cour de Henri III, la peignit de couleurs sans doute trop flatteuses dans le roman qu'elle écrivit sur la fin de sa vie. (Cf. Tallemant des Réaux, éd. de 1854, t. I, p. 226.) Ce roman, Orasie, ne fut publié qu'après sa mort (Paris, chez la Veuve N. de Sercy, 1646, 4 v. in-8°). On peut lire dans la Préface signée M, (Marcassus ou Malleville) : « C'est un tableau de la plus magnifique et plus pompeuse Cour que l'on ayt jamais veue i d'une Cour où regnoient les vrayes civilitez et la plus pure politesse, où les fausses galanteries et les bassesses ne s'estoient point introduites... »

2. « Bien souvent ay-je veu nos roys aller aux champs, aux villes et ailleurs, y demeurer et s'esbattre quelques jours, et n'y mener point les daines; mais nous estions si esbahis, si perdus, faschez, que, pour huict jours que nous faisions de séjour séparez d'elles et de leurs beaux yeux, ils nous paroissoient un an, et tousjours à souhaitter : « Quand serons nous à la Court? » n'appelans la Court bien souvent là où estoit le roy, mais où estoit la reyne et les dames. » (Brantôme, éd. Lalanne, t. III, p. 129.) — Ibid.. p. 130 : « ... Pour fin, une Court sans dame est une Court sans Court. »

3. Cf. Fremy, L'Académie des derniers Valois, p. 151 et suiv.

4. Cf. La Puce de Madame Des Roches qui est iin recueil de divers poëmes grecs, latins et français, composez par plusieurs doctes personnages aux grands jours tenus à Poitiers l an M.D.LXXIX. Paris, A. l'Angelier, 1582, in-4°, et Les Missives de Mesdames Des Roches de Poitiers, mère et fille... Paris, A. l'Angelier, 1586, in-4°.

5. Un texte peu connu de Béroalde de Verville nous montre que, même en 1583 (c'est la date de son Dialogue de la Bonne Grâce), c'est-à-dire au

Il n'en reste pas moins que l'àpreté de la lutte engagée, les conflits violents d'intérêts et de passions, l'exaltation de l'individualisme qui trouvait dans ces périodes troublées des occasions inespérées de s'épanouir librement, ont créé une atmosphère peu favorable au développement du roman sentimental. On lit encore assurément; mais il semble qu'à la littérature romanesque on demande plutôt des émotions fortes : on y cherche des aventures, de belles prouesses héroïques capables de stimuler les énergies, ou bien des histoires joyeuses pour dissiper la tristesse des mauvais jours.

On revient aux Amadis dont les quatre premiers livres traduits en 1540 ^ avaient amené une véritable renaissance du genre chevaleresque et qui avaient eu leur plus grande vogue sous le règne de Henri II -. Sans parler des rééditions publiées à Lyon des XII premiers livres^, on reprend la suite des traductions interrompue en 1556 (1574-1576 : les XIIP et XIV* livres); après

lendemain de la septième gnerre de religion, il y a encore des assemblées de gentilshommes et de dames. Il en décrit une qui s'est tenue récemment dans un château, « l'importunité de l'hyver s'estant retirée » : « Or comme ordinairement es compagnies où la modestie règne, ceux et celles qui aiment la vertu, au lieu de s'amuser à passer le temps aux plus mondaines vanitez, se délectent à recognoistre ce qui est plus propre à la personne qui suit l'honnesteté, les uns se mirent à jouer selon que le temps le permettoit, les autres tant Gentilshommes que Damoiselles entrèrent en devis de tout ce qui coustumierement se dit en tels lieux par familiers discours. » (Ed. de 1584, IP Partie, f° 61.)

1. Les Quatre premieis Hures d^Amadis de Gaule, mis en françoys par le Seigneur des Essars, Nicolas de Herberay. Paris, Denys Janot et V. Sertenas, in-f».

2. Au témoignage de Pasquier, Recherches, VI, ch. vu, et de quelques autres on peut joindre celui de La Noue, dans ses Discours politiques et militaires, Bàle, 1587, in-4°, YI* Discours, p. 133 et suiv. : « Sous le règne du Roy Henri second, ils [les livres à''ATnadis'\ ont eu leur principale vogue, et croy que si quelqu'un les eust voulu alors blasmer, on lui eust craché au visage, d'autant qu'ils servoyent de pédagogues, de jouet et d'entretien à beaucoup de personnes... »

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