VII, p
4. VIII, p. 308 (Édit défendant de porter des étoffes d'or et d'argent). 0. Un petit traité de cette époque, Le Manuel d'Amour (je n'en ai tu
sommes malheureusement peu renseignés sur ces réunions sans doute assez intimes, trop peu considérables pour avoir, comme l'hôtel de Rambouillet, leur histoire et dont les contemporains n'ont évidemment pas prévu l'importance. Tout au plus nous est-il possible de grouper ici quelques noms.
Ce sont des femmes naturellement qui président à ces assemblées : des dames de l'ancienne Cour instruites aux bonnes lettres et dont les sentiments assez raffinés se sont mal accommodés de la liberté de mœurs et d'allures que le Vert Galant autorise par son exemple ^ : la duchesse de Retz (qui ne meurt qu'en 1603), la duchesse de Rohan et la princesse de Léon (qui survivent à Henri IV), M""^ de Villeroy, « scavante déesse w, dit Desportes '\ et qui fait « des vers mémorables » ; la belle
que l'édit. de 1614, Paris, A. du Breuil, in-12; mais comme l'auteur fait allusion aux guerres de la Ligue comme à des événements presque contemporains, l'ouvrage a très certainement paru assez longtemps auparavant) nous offre le tableau d'un petit groupe de jeunes seigneurs et de demoiselles essayant, avant même que se soit tout à fait apaisé le tumulte des « dissentions civilles », d'organiser un premier essai de vie mondaine. Retirés dans l'asile sûr du château royal de Saint-Germain, ils se demandent comment ils pourront « charmer les ennuis que leurs pertes et ces désordres avoient engendrez ».
Ils s'accordent à reconnaître que le meilleur divertissement est la conversation, parce que « la fréquentation des bonnes compagnies sert d'une lime pour polir nos imperfections ». Ils décident donc « d'employer deux ou trois heures de l'apres-dinee à discourir de quelque sujet » et de parler tout d'abord de l'amour, « cause de toute concorde et de tout bonheur, et comme plus conforme à l'aage de ceux de la troupe ».
2. Beroalde de Yerville écrit dès 1596 : « Il n'y aura pas de plaisir si parfait que d'estre en bonne compaignie..., où la modestie règne et les Dames aiment la vertu, avec lesquelles il y a plus de contentement qu'entre celles qui passent leur temps aux plus mondaines vanités. » {Le Cabinet de Minen'e, Paris, Guillemot, ou "Tours, S, Molin, 1596, in-12, f 229, b.)
3. Ed. Michiels, p. 472. Elle n'a fait d'ailleurs qu'entrevoir ce retour de vie mondaine : elle est morte en 1596. L'Estoile écrit en annonçant sa fin : « Geste dame estoit douée d'un bel esprit, lequel elle emploioit aux exercices ordinaires de la Cour ».
M"^^ de Cimiez, amie du même Desportes, qui, à ce moment-là, s'est mise à étudier et en est devenue « encore plus spirituelle et plus divertissante * » ; M^'^ de Seneterre -, ancienne fille d'honneur de Catherine de Médicis, qui s'est d'abord retirée en Auvergne après la mort de sa maîtresse, mais est bientôt revenue dans la capitale et reçoit nombre de visites dans son petit logis du quai des Augustins, parce qu'elle a de l'esprit et sait toutes les nouvelles^; M^" de Guise, qui se pique de se connaître aux belles choses *;M°^^ de Rivery, qui s'amuse à écrire^; la comtesse de Brienne, la duchesse de Nevers, la duchesse d'Esguillon, M°^^ de la Guiche, M°^' d'Elbeuf, M™^ de Randan, l'aînée, et la comtesse, sa belle-fille, la belle M™^ de Rieux, la spirituelle marquise de Canillac*^. A ces noms il tant sans doute joindre ceux des protectrices les plus zélées des romanciers de ce temps' : M^'^ de Longueville, la princesse de Conti, M™® de Bellegarde, femme du Grand Ecuyer, la maréchale de Lavardin, les princesses Catherine et Marguerite de Lorraine, M™^ de Rochechouart, « l'honneur des beaux esprits » ^, la comtesse de Caravas, M™^ de la Guesle, M"^ de Fourcy,
1. Les Passetemps de messire François le Poulchre , seigneur de la Mothe-Messemé, 2^ édit., Paris, Jean le Blanc, 1597, in-S", f 32, et Tallemant, Historiettes^ éd. Monmerqué et Paulin, Paris, t. I, p. 97. Elle nest morte qu'en 1608 : le 6 avril, L'Estoile annonce la mort de cette dame « assez qualifiée à la Cour et partout ».