‹ Le roman sentimental avant l'AstréeChapitre 92 sur 192 · Cleandre et Domiphille · texte numérisé non relu

Cleandre et Domiphille

3. On pourrait encore classer parmi les romans grecs, à cause de son cadre, le petit roman à dénouement tragique de M"* de Gournay, paru sous ce titre : Le Proumenoir de M. de Montaigne par sa fille d'alliance, Paris, A. l'Angelier, 1594, in-12, 107 £F. Ce court récit est d'ailleurs assez pédant et sans grand intérêt. Le sujet en est tiré de Plutarque : M"° de Gournay semble y avoir voulu mettre en pratique le conseil que donne Montaigne (II, xxxv) de prendre pour sujets les très belles histoires véritables qui se rencontrent dans les livres anciens plutôt que d'en inventer de nouvelles « pour donner plaisir au commun ». — Quoiqu'elle se passe au temps de la guerre de Troie, l'histoire écrite par J. Corbin des Amours de la chaste nymphe Pégase, Lyon, Th. Ancelin, 1600, in-12 (amours de Paris avec Pégase [c est Œnone], arrivée d'Hélène, mort de Paris) a tous les caractères du roman mondain (dialogues, lettres et vers, métaphorisme extravagant).

4. Sorel, Francion, éd. Colombey, p. 463 : « Voyez dans tous les romans les belles reconnoissances qu il y a. Chariclée croyoit être fille de prêtre, et l'on trouva qu elle étoit fille d'un roi. Daphnis et Chloé pensoient être les enfans d'un pauvre pasteur, et ils trouvèrent que de riches seigneurs

et des reconnaissances finales, notre tracri-comédie ^ et notre roman héroïque. Mais, nous l'avons déjà indiqué, pour le moment la mode n'est pas au merveilleux, ni aux accidents compliqués.

Sur un autre point les romans grecs s'accordaient mieux avec les dispositions et les idées de la société nouvelle. Ces romans montraient des amours fidèles; Ch. Sorel dira d'eux plus tard : « Nous n'y trouvons rien de plus héroïque et de plus à estimer que la fidélité en ;imour- ». Ils avaient aussi la prétention de montrer des amours chastes^ : les loyales et pudiques amours de Theagenes Tfiessalien et Chariclea /Ethiopienne. Leurs imitateurs ont grand soin de laisser aux amants dont ils racontent les histoires ce double caractère de pureté et de constance.

Pour rendre plus manifeste la vertu de leurs héroïnes, ils ne manquent pas de les soumettre à ces épreuves de chasteté si fréquentes dans les anciens récits^. C'est ainsi

éf oient leurs pères. » — L'auteur des Amours de Poliphile et de Damis, ne jugeant pas ces fables assez invraisemblables, ajoute encore l'intervention des fées à celle des dieux antiques.

1. Il faut noter que vers ce temps-là Hardy tire de VHistoire EtJiiopique la suite de huit poèmes dramatiques qui forme le tome \" de son Théâtre.

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