Bihl. Françoise (1664), p
3. « Je n'ay jamais, dit Chariclée à Theagène, obtempéré à Tostre vouloir, comme à un amant,... et jusques icy me suis maintenue nette et impolluë, non seullement de TefFect, mais aussi du parler, en vous repoussant plusieurs fois que vous avez attenté de faire vostre plaisir de moy... » {Eist. JEih., tr. par M. Jacques Amyot, nouvellement reveuë, P. Claude de Roddes, 1616, in-12, p. 34.) — « Souvienne vous du noble sang dont vous estes descendue en honorant pudicité, laquelle seule est l'enseigne d'un cœur royal en une femme. » [Ibid., p. 125.)
4. Le Lysis de Ch. Sorel {Berger Extravagant, livre IV, éd. de Rouen [1640], p. 225), quand il se croit changé en fille, se souvient des épreuves de chasteté qu'il a connues par \ Histoire Ethiopique (livre X, ch. xxvii) et par les Amours de Clitophon et de Leucippe, Notons, en passant, que Sorel connaissait bien les romans grecs pour les avoir imités {VOrphyse de Chry santé, Histoire Cyprienne, Paris, T. du Bray,
que Séphora, accusée par des Egyptiens d'impudicité et protestant qu'elle est restée vierge, est transportée dans l'île de Pharos, consacrée a la déesse Diane et qui « a ce privilège que les serpents dont elle est pleine n'offensent point celles qui tousjours ont vescu chastement^ ». Les serpents s'enfuient tous devant elle : le peuple alors Tacclame et félicite Cléophas a de ce qu'ayant voyagé si long temps avec elle, il Tavoit maintenue ainsi chaste et entière ». « C'est, répond-il, le loyer de la vertu. Combien vaut-il plus, ma Sephora, que pour une volupté bien légère et bien courte nous n'ayons perdu l'occasion de l'honneur que nous recevons aujourd'huy. »
En Domiphille « se remarque, comme le dit le titre du roman -, la perfection de la vertu de chasteté ». L'auteur célèbre^ « sa vertu tant de fois esprouvee: dans la braise des misères humaines, son honneur luisant au travers des infortunes mortelles, sa beauté si chaste et vénérable, réservée impollue par la puissance des Dieux ».
Pour mériter d'être unis à de si vertueuses personnes, les amants doivent prouver, eux aussi, qu'ils sont capables de se défendre contre les tentations de la chair. L'épreuve à laquelle on les soumet à leur tour est toujours pareille : c'est celle qu'Héliodore avait imposée à Théagène quand il l'avait mis au pouvoir de la voluptueuse princesse Arsacé *. Ainsi Pandion ^ résiste bra-
1626, iii-8°, écrite, dit-il {Bibl. Fr., p. 354), « sui* le modelle des histoires grecques ».