Pandion et Yonice
FIN DU XVI* ET COMMENCEMENT DU XYIl*^ SIECLE 193
vement aux entreprises d'une dame trop passionnée dont la fureur amoureuse s'exprime sans discrétion. De même Cléophas *, poursuivi par la reine Arsinoé, oppose à ses brûlants aveux le langage de la froide raison. Dans une entrevue particulièrement intime, il a bien un moment de faiblesse : « Un seul chaud moite baiser qu'elle imprima d'arrivée à pleines lèvres sur sa bouche commençoit à fondre tous les glaçons de sa résolution "" ». Mais il se ressaisit et, faisant revenir la princesse de son erreur, il la ramène à des sentiments plus modestes.
Cette curieuse histoire de Cléophas et Sephora, qui commence par une imitation de la Jérusalem Délii^/'ée^ et qui se continue par des imitations des romans grecs, de VOdj/ssée, de Théocrite, est d'ailleurs tout imprégnée de platonisme*. Les deux amants pratiquent la doctrine des amours spirituelles, ils la prêchent, ils font des conversions, et la moins piquante n'est pas celle du Cyclope.
Jetés dans son île par une tempête, ils l'entendent cfémir dans la forme consacrée sur les rij^ueurs de Galatée^ : « O Galatee plus blanche que le fourmage