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3. Les Français assiègent Jérusalem. Le gouverneur de la ville voudrait être renseigné sur leurs préparatifs. Cléophas se présente pour cette mission dangereuse, et avec lui un jeune guerrier qui est une femme : Séphora, sa maîtresse. Les deux éclaireurs sont découverts par les Français, poursuivis, grièvement blessés. Cléophas meurt aussitôt. Séphora est conduite dans la tente du général : on reconnaît son sexe, on s'empresse auprès d'elle, et elle profite de ce qui lui reste de vie pour raconter son histoire.
4. En tête du volume, un exposé du sujet est présenté sous ce titre : « Effects d'un sainct amour qui se rencontrent en ceste histoire, tels que Platon les a descrits, à peu près, au dialogue du Banquet ».
LE ROMAN SE>'TIMB;(TÀL.
nouvellement caillé, plus douce que le tendre aigneau de laict, plus follette et mignarde que le petit veau soubs sa mère... ». Cléophas le console et s'engage à lui ramener la cruelle s'il promet d'adoucir ses mœurs et de ne plus manger de chair humaine. La nymphe consent en effet à se laisser aimer quand Cléophas lui a fait connaître que le véritable amour « ne considère pas les corps et les visages », fussent-ils « mal gracieux » comme celui du Cyclope : « Aussi le but auquel tu dois rapporter ton amour et ta beauté n'est pas l'œuvre de Venus ny le meslange des corps : ains un autre œuvre véritablement divin, à sçavoir d'induire au respect des dieux et à la bienveillance des hommes ce tien serviteur ». Galatée accepte cette tache moralisatrice et on laisse le Cyclope repentant et amendé.
Nous verrons tout à l'heure combien a été générale alors dans la littérature romanesque cette tendance à purifier Tamour : il nous suffit, pour le moment, de noter qu'elle a pu être fortifiée dans une certaine mesure par l'influence du roman grec.
Signalons, en passant, quelques essais de romans mythologiques dont l'apparition coïncide avec la reprise des études classiques en partie interrompues par les guerres civiles : La Monophile ou Orphée triomphant de r Amour (1597)*, les Amours de Paris et d'Œnone (1602)-, le Jugement de Paris (1608)'. Seul le premier de ces petits livres mérite quelque attention et comme il nous intéresse, non par le cadre qu'il emprunte, mais par les idées morales qu'il exprime, c'est