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AVERTISSEMENT

Cet opuscule est divisé en quatre parties :

1° Notions préliminaires : étude du problème de la langue internationale et sa solution par un idiome anglo-latin.

2° Grammaire complète du Romanal, langue anglolatine. 5

3° Dérivation : procédé simple et logique pour créer à l'infini des mots correspondant exactement avec la pensée.

4° Noms et verbes les plus usités.

Bien que l'étude de la grammaire puisse suffire à ceux qui connaissent la question de la langue auxiliaire, et spécialement à ceux qui ont étudié l'Æsperanto et l'Ido, où la dérivation est également régulière, nous recommandons d'étudier attentivement la 1" et la 3° partie qui donnent la raison de chaque règle et de chacune

es formes adoptées.

C'est en considérant les plans de détails, en rappor- ‘tant les particularités à l'ensemble, que les critiques compétents trouveront d'eux-mêmes la réponse aux objections qu'on est toujours tenté de soulever quand on se borne à un examen partiel.

Telle forme, qui parait d'abord préférable, a été éliminée, soit parce qu'elle est indispensable ailleurs, soit parce qu’elle heurte un principe qui apparaîtra dans la suite.

Une langue universelle est un ouvrage où tout se tient et où chaque détail a sa raison d'être:'il n’est

- guère possible d'y faire des retouches sans la collaboration de l'inventeur.

C’est ce que Zamenhof 4 fait très justement remar-

uer après l'échec des réformes exécutées par des interlinguistes éminents comme M. de Saussure. Cet ingénieux réformateur, pour faire tomber les critiques si souvent formulées contre cette langue, élabora avec le plus grand soin divers projets qui avaient pour but de supprimer les pluriels en a, 07, uj et les consonnes chuintantes c, 9, h, j, s, surmontées d’un accent circonflexe, qu'on ne trouve pas ainsi accentuées dans nos imprimeries.

M. de Saussure échoua ; il confessa publiquement que le système de Zamenhof ne pouvait pas être modifié.

Zamenhôf, peu d'années avant sa mort, disait : « Il ne suffit pas de savoir manœuvrer mon outil pour le modifier, il faudrait l'avoir vu faire, et j'y ai mis plus de vingt ans!»

Quand un instrument ne va pas, il vaut mieux choisir un autre modèle que de vouloir transformer l’ancien.

Rappelez-vous les créations bizarres que les inventeurs firent successivement paraître avant de produire nos types modernes de locomotives et de bicyclettes.

On peut comparer les projets de la langue internationale à ceux de l'aviation : on sent qu'une forme définitive va être universellement adoptée.

L'ère des essais sera close demain.

Il faudrait une brochure beaucoup plus longue pour que le lecteur puisse se rendre compte des nombreux tâtonnements qui furent nécessaires avant de pouvoir tracer la route que nous lui montrons.

Il nous serait facile d'exposer en détails les motifs qui nous ont décidé à passer par tel point de préférence à tel autre.

Nous demandons aux critiques de nous faire l’honneur de croire que l'objection qui leur vient à l'esprit nous est venue également, que nous l'avons longuement méditée et que nous avons les raisons les plus sérieuses pour adopter le tracé que nous leur soumettons.

Nous savons que les objections viendront de deux écoles opposées: Les Naturalistes voudront qu'on respecte les habitudes et les irrégularités nationales car

ils confondent la nature, domaine de tous les hommes, avec l'horizon étroit qui entoure leur clocher ;

Les Logiciens, planant bien au delà de leurs propres frontières naturelles et considérant les coutumes particulières comme un obstacle à la réalisation de l'idéal commun demanderont que la pensée soit uniquement représentée par des signes correspondants, les mêmes pour tout le monde. Ces derniers exigent une langue a priori, comme les premiers exigent une langue a posteriorr.

Si nous ne visions que les enfants et les étrangers qui ignorent totalement nos langues indo-européennes, nous suivrions les logiciens car la logique est un besoin inné chez les primitifs ; si au contraire nous voulions favoriser tel peuple au détriment de tel autre nous adopterions comme base unique une langue nationale.

> ais nous estimons qu'entre ces deux extrêmes on peut trouver un juste Arte profitable à tous.

Sans doute notre choix ne favorise pas les langues japonaise, chinoise et arabe, mais il y a longtemps que les nations d'Asie et d'Afrique nous ont concédé le privilège linguistique en échange de la civilisation que nous leur avons transmise. Ils demandent seulement que nous ne les condamnions pas à perdre trop de temps pour apprendre les diverses grandes langues de l'Europe et des deux Amériques.

En attendant qu'une commission internationale apporte la solution officielle, nous prions instamment toutes les personnes qui recevront cette brochure de vouloir bien nous envoyer un mot d'adhésion ou leur libre critique.

ROMANAL

Langue Internationale Anglo - Latine

1re PARTIE

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