I. — LA LANGUE INTERNATIONALE EST NÉCESSAIRE
Les distances qui séparaient les peuples ayant été supprimées par les inventions modernes comme la vapeur, l'électricité et l'aviation ; la diversité des langues qui ne gênait autrefois qu'une minorité est devenue insupportable à tous les hommes civilisés qui d'un bout à l'autre du monde ont à s'écrire ou à se parler. Le télégraphe et le téléphone n'auront leur pleine utilité que lorsqu'on pourra se passer d'interprètes. Il en est de même de la circulation qui ne sera vraiment libre et agréable que
lorsque les voyageurs ou les touristes pourront se
débrouiller seuls, sans accompagnement importun et coûteux.
II. — La LANGUE INTERNATIONALE NE PEUT ÊTRE UNE LANGUE NATIONALE
Les nations ne s’entendront jamais sur le choix exclusif d'une langue vivante, et c'est fort compréhensible, .
Ce serait accepter la suprématie intellectuelle du peuple dont on emprunterait la langue maternelle.
Ce serait surtout favoriser, outre mesure, le développement des relations commerciales de ce peuple au détriment de tous les autres, Au surplus, toute langue naturelle présente tant de difficultés qu'il faudrait la régulariser avant de l'adopter.
Il n'est pas possible de toucher à une langue nationale pour la mettre à la portée des étrangers; les nationaux ne consentiraient jamais à perdre les irrégularités et les exceptions de leur grammaire ni les difficultés de leur prononciation.
La langue nationale, avec ses qualités et ses défauts, est un patrimoine sacré qui manifeste le génie de la race et perpétue la cohésion entre les citoyens. Nul étranger
ne peut y porter atteinte sans s’aliéner le peuple qui la parle.
Dans l'intérieur des frontières, chaque nation continuera donc à parler son idiome particulier.
Au de là des frontières, il faut une langue neutre que tout homme policé puisse comprendre et parler en peu
de temps. Il faut /a langue étrangére, la même pour tous, comme les autres moyens de communication et de cireulation sont les mêmes pour tous.