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DÉRIVATION

Contrairement aux langues artificielles, le Romanal conserve l'orthographe historique.

Le radical formateur de toute la série des dérivés pourra être trouvé dans les dictionnäires étymologiques : il ne subira aucune déformation.

Contrairement aux langues nationales, il n'y aura qu’un chef de famille grammaticale.

Une langue internationale ne peut admettre ni exception, ni insuffisance, ni superflu.

Il y aura toujours correspondance entre le mot et l'idée, comme entre la lettre et le son, et aucune confusion ne doit être possible si l'on veut une langue facile.

La racine doit rester toujours la même dans toute la dérivation.

Le principe sera: un radical invariable mais une finale logique.

La déclinaison n'existe que pour montrer le genre puisque les cas latins n'existent pas.

Le genre est toujours exact. Il n'y a pas de sexe ‘conventionnel ou grammatical comme en français.

Il suffit de bien connaître le sens d'un radical pour

savoir choisir la terminaison convenable : on compose et on décompose le mot sans erreur possible, puisque les affixes ont toujours un sens précis.

Le radical douteux est présumé substantif, précisément pour diminuer le nombre des suffixes et augmenter les cas de dérivation directe.

Ex.: Coron est présumé un objet; on dira donc : Coron-ar couronner dérivé de coron-e couronne; Bross-ar brosser dérivé de brosse brosse.

L'action ou le résultat de l’action : coronade ou coronage,

brossade ou brossage.

Mais si le radical est nettement et internationalement verbal, il est évident qu'il faudra un affixe pour dériver du verbe l'agent et l'action.

Ex.: script étant verbal,on dira: seript-oro, l'écrivain, script-ure, l'écriture ; scriptade, l'action d'écrire.

En résumé le verbe dérivé d'un objet se forme immédiatement comme en français : sale, sel ; salar, saler.

Le verbe dérivé d'un nom déclinable nécessite un suffixe:

Ex.: martyro, martyra, martyr-iz-ar, martyr, martyriser.

Le substantif déclinable et l'adjectif ont le même sens ; ils changent leurs finales selon les besoins : bon +0 — un être bon (bonti homo); bonos et matos, les bons et les méchants.

L'adjectif tiré d'un nom indéclinable se forme avec le suffixe al :

Ex.: natione, nation-al ; oriente, orient-al.

La qualité avec le suffixe’ ite :

Ex.: nation-al-ile, fertil-ite, quant-ite, van-ite.

NT

L'adverbe dérivé se forme avec le suffixe im : fortr,. fort, fortim, fortement. La préposition dérivée avec am : sinistram, à gauche de, sinistrim, gauchement; dextram, à droite de, deætrim, droitement.

Nous avons donné la liste complète des préfixes et des suffixes. Ils ne seront pas tous usités ; souvent on pourra se passer de l’affixe que la logique imposerait, de même qu'on peut supprimer les prépositions quand il n'y a pas de confusion possible, ainsi, par exemple, on reste suffisamment clair en disant: vezti regione pour ventosi, région venteuse ; Petri libre, pour : de Petro, le livre de Pierre. ,

D'autres simplifications ou abréviations sont possibles :

Ex.: dans les verbes fréquents on peut supprimer la finale an du présent et dire est pour estan. On peut dire dar, far, var, pour donar, factar, vadar. Enfin on peut élider les finales des noms, #, 0, &, e, comme en italien, après les consonnes /, #, n, r, t, si le texte reste clair, ex. : advocat, doctor. Ne pas oublier cependant que les finales font gagner un temps précieux à celui qui déchiffre un texte : grâce aux finales caractéristiques une version ne peut jamais prêter à ambiguité si le radical a été bien choisi. On aurait tort de se priver de cette précieuse ressource des finales sous prétexte d'imiter les aûtres langues dans leurs difficultés ; on a vu que le choix des radicaux est basé sur l'internationalité : des mots latins conjugables ou déclinables on ne conserve que le radical avec son orthographe internationale et la finale s'obtient Par un procédé logique de dérivation. La plupart des radicaux se trouvent intacts dans le dictionnaire anglais.

Ed

Us sont done anglo-latins. On part de préférence du substantif : entre le subs. lat. studium, et le verbe stud-ere,on adopte le radical studi qui donnera une dérivation régulière et studi-os-0 traduira le latin studi-os-us (studieux) ; le verbe sera donc studiar, et non studar.

Dans les radicaux verbaux on préfère, comme en anglais, le participe à l’infinitif : entre conduct-um et conduc-ere on choisit conduct. On tient compte de la plus grande internationalité de dérivation ; le dérivé est souvent plus connu que la racine primitive comme radical vivant : duct-ar, con-duct-ar, ab-duct-ar, ad-duct-ar, in-ductar, etc.

Pour l'harmonie, on peut utiliser dans les mots composés les lettres de liaison, : après une consonne, » entre voyelles: carn-i-vor, pisc-i-culture, cavalo-n-erie (établissement pour étalons — haras).

Règle générale

Elle est formulée dans deux principes qui s'opposent et se complètent mutuellement :

1° Principe de nécessité : Introduire tous les radicaux, affixes et terminaisons nécessaires pour exprimer l'idée clairement et complètement ;

2 Principe de suffisance : Ne pas exprimer deux ou plusieurs fois la même idée dans le même mot et ne pas introduire dans le mot des idées qui ne doivent pas y être contenues. :

OL

Nous appliquons ces principes formulés si heureusement par M. de Saussure non seulement aux mots isolés, mais aux mots qui dépendent les uns des autres. Il ne faut s'attacher qu'à rendre l’idée et toujours le plus simplement possible.

En écrivant le Romanal, comme une langue nationale, sans se préoccuper de la formation régulière des mots, on pourrait le plus souvent être compris, Mais nous ne saurions trop conseiller d'éviter les idiotismes nationaux. Puisqu'on peut traduire exactement et logiquement la pensée, évitons de traduire servilement les tournures vicieuses et les bizarreries purement nationales. La langue internationale doit montrer la pensée nue aussi exactement qu'un dessin doit représenter un objet. C'est là le grand avantage d'une langue conventionnelle qui seule peut s'affranchir des superstitions lexicologiques,

et c'est précisément parce que le Romanal n'emploie que des procédés logiques qu'il peut être écrit et parlé en fort peu de temps et par tous.

ir ve

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