III. — LA LANGUE INTERNATIONALE PEUT-ELLE ÊTRE ARTIFICIELLE
Les essais du Volapuk, de: l'Esperanto et de l’Zdo sont suffisants pour démontrer qu'une langue internationale
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est possible et que les adeptes de toute nation correspondent sans peine après quelques mois d'étude. Pourquoi ces ingénieuses créations ne se sont-elles pas
répandues dans le monde commercial si intéressé à la solution du problème ? Pourquoi ont-elles été si mal accueillies ?
Parce que les auteurs ont voulu être trop habiles.
Croyant plaire à toutes les nations, ils ont pris leurs mots un peu partout, mais, pour les faire rentrer dans le même moule, ils ont dû en déformer un grand nombre, les rendre méconnaissables, parfois grotesques.
Le mot primitif transformé en mot international a cessé de plaire aux nationaux qu'on croyait séduire. Ces derniers le répudient parce qu'il a renié sa patrie en s'associant aux barbares et en délaissant sa livrée nationale,
Cette déformation des mots est choquante pour les philologues, elle est critiquée avec raison par les professeurs car elle nuit considérablement à l'étude de la langue dont les mots sont originaires.
Elle fait désapprendre l'orthographe naturelle ou fait confondre les deux manières d'écrire. Une autre confusion peut se produire aussi pour le sens de la racine comme l'a fait remarquer le docteur allemand Molenaar qui répudie le cadeau des bribes d'allemand qu'on a introduit dans les langues artificielles, en faisant remarquer que l'adepte ne peut plus savoir si le sens est latin ou germanique, ex. : alt signifie vieux chez les allemands et 4aut chez les peuples latins.
Ce mélange hétéroelite, sans distinetion de race, donne à la nouvelle langue un aspect rébarbatif, parfois bur-
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lesque, qui éloigne la clientèle toujours portée à juger sur la mine le nouveau produit que des inconnus lui présentent.
L'expérience a donc démontré que le caractère trop artificiel de la langue est le principal obstacle à son succès et qu'il faut nous rapprocher de la nature pour donner plus de vie à l'expression de la pensée.