LA MARQUISE EMPOISONNÉE
CATALOGUE DES VERSIONS
France (oïl et oc)
Sologne : Leroux de Lincy, d'après Teulet, Rec. de Chants historiques français, II (Introduct.), 1842.
Saintonge : Bujeaud, Chants pop. des prov. de l'Ouest, II, 1886.
Ossau : de Puymaigre, Romania, III, 1874.
Forez : Smith, ibid., III, 1874.
Fontenay-le-Marmion (Calvados) : Legrand, ibid., X, réd. 1876.
Bivés (Gers) : Bladé, Poés. pop. franc, rec. dans l'Armagnac et V Agenças, 1879.
Ceyzériat : Guillon, Chans. pop. de l'Ain, 1883.
FORMULE RYTHMIQUE
Complainte. Vers de 14 syl. = S -{- 6, féminins, assonant deux par deux; le distique forme couplet.
TEXTE CRITIQUE
Quand le Roi entra dans la cour pour saluer ces dames, La première qu'il salua, el a ravi son âme.
Le Roi demanda au Marquis : « A qui est cette dame ? » Le Marquis lui a répondu : « Sire Roi, c'est ma femme. »
— « Marquis, t'es plus heureux qu'un roi, d'avoir femme
[si belle.
Si tu voulois, j'aurois l'honneur de coucher avec elle. »
— « Sire, vous avez tout pouvoir, tout pouvoir et puissance; Mais si vous n'étiez pas le Roi, j'en aurois ma vengeance ! »
1. a) Ossau, Bivès -f- Fontenay, Cey^ériat, Fore% et Saintonge (ces d.). — b) Ossau, Fontenay (... a saluée...); cf. Saintonge., Sologne, Bivès , Cey^ériat.
2. a) Ossau, Fontenay -\- Bivès; cf. Saintonge. — b) Saintonge, Fontenay. (... O sire, ci est...), Bivès (... Celle-là, c'est...), Ossau (... S., elle est...).
3. a) Sologne, Saintonge (... q. moi,...), Bivès (... s. b. dame); cf. Ossau, Fontenay. — b) Sologne, Fontenay (Quand tu voudras...); cf. Saintonge, Ossau, Bivès.
4. a) Ossau; cf. Fontenay, Sologne. — b) Ossau et Fontenay (... la v.), Sologne (... mon roi...); cf. Saintonge. — Dans Bivès, couplet différent, mais sur une idée analogue.
LA MARQUISE EMPOISONNEE 297
— « Marquis, ne te fâche donc pas, t'auras ta récompense : Je te ferai dans mes armé's beau maréchal de France. »
— « Adieu, m'amie, adieu, mon cœur, adieu mon espérance! Puisqu'il te faut servir le Roi, séparons-nous d'ensemble. »
Le Roi Ta prise par la main, l'a menée en sa chambre- La belle, en montant les degrés, a voulu se défendre.
« Marquise, ne pleurez pas tant ! Je vous ferai princesse, De tout mon or et mon argent vous serez la maîtresse. »
La Reine lui fit un bouquet de toutes fleurs jolies, Et la senteur de ce bouquet fit mourir la Marquise
5. a b) Saintonge, Sologne (Mari,...). — Suit, dans ces deux versions, ce couplet que je tiens pour parasite :
— Habille-toi bien proprement, coiffure à la dentelle, Habille-toi bien proprement, comme une demoiselle.