‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 14 sur 160 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

quos, les étranges simplifications et déformations que l'on peut attendre de l'esprit du peuple, la précision des noms ou des surnoms, l'observation exacte de menus détails, nous avertissent que nous entendons quelqu'un du temps et qui parle de choses vues (voy. la Prison du Roi François, la Marquise empoisonnée, le Mariage Anglais).

A côté de l'événement historique, un autre sujet qui n'avait pas pour le commun moins de réalité, c'est les miracles et les mystères religieux dont les sources se trouvent dans les Évangiles ! et les Vies des Saints (voy. la Passion, Jésus-Christ en pauvre, la Pénitence et les Atours de Marie-Madeleine).

D'autres encore lui sont fournis, traduits ou dérivés, par des légendes de peuples étrangers (voy. La Blanche Biche, Renaud le Tueur de femmes).

Les autres enfin sont des fables romanesques ou de pures fictions poétiques : vaste champ qui s'ouvre à l'imagination du chansonnier. Ce sont, en de vagues situations, tendres, badines ou mélancoliques, des serments d'éternelle fidélité, d'amdureuses déclarations, de timides aveux qu'il faut encourager, des regrets d'amours passées ou d'unions contrariées, des duperies de soupirants ou de jouvencelles, des ruses d'amants ou d'amantes pour arriver à l'objet de leur désir; c'est, en tableaux plus saisissants, une amante séparée de son amant et qui veut mourir, une fiancée trahie par un

i. L'Ancien Testament n'a rien fourni à la chanson française.

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