‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 150 sur 160 · JULIEN TIERSOT · texte numérisé non relu

JULIEN TIERSOT

Modéré

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lie - ve Treis o - res da - vani jor, Treis o - res da-vant jor —

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Treis — o - res da - vant jor.

Cette chanson est une de celles sur lesquelles nous possédons les renseignements les plus abondants au point de vue musical.

Elle a déjà donné lieu à des observations (qui n'ont d'ailleurs pas un caractère d'étude d'ensemble) de la part de M. Vincent d'Indy, dans le recueil de Ch. pop. du Vivarais, et, antérieurement, de moi-même, dans le recueil de Ch. pop. du Vivarais et du Ver cor s publié en collaboration avec le même V. d'Indy.

Sur les 42 var. françaises mentionnées comme ayant servi à l'établissement du texte littéraire \ 18 ont leur mélodie, l'une avec 3 variantes, ce qui nous donne tout d'abord 20 mélodies.

Il faut en ajouter plusieurs autres, publiés postérieurement à la rédaction du Romancero, ou inédites. Elles se décomposent ainsi :

2 dans V. d'Indy, Vivarais (l'une antérieurement donnée dans nos Ch. du Vivarais et Vercors, 1892);

2 dans un récent recueil de Vieilles chansons patoises du Périgord .

J'en ai noté moi-même 1 en Franche-Comté, 1 en Bresse (inédites), et 9 dans les diverses régions des Alpes françaises (2 seulement ont été insérées dans le recueil). Je dois ajouter que la chanson est si répandue dans ces régions que je néglige depuis longtemps d'en prendre note : si je l'avais continué, le nombre de ces versions serait bien plus considérable encore.

Enfin, il faut spécifier, comme une particularité assez rare, que la mélodie-type de la chanson, appliquée à de tout autres paroles, se trouve notée par deux fois au xvme siècle, dans un opéra-comique de Mme Favart, Annette et Lubin (1762), et dans un Recueil de romances historiques, etc. par M. D. L. (1767).

Au total, 36 versions mélodiques.

Pour la détermination du type, les 6 premières versions, tirées

1. En principe, nous ne répéterons pas ici les indications bibliographiques contenues dans les catalogues des versions littéraires, et désignerons simplement les versions auxquelles nous aurons à faire des allusions directes par les mêmes indications, plus abrégées encore, de provenance, d'auteur et de date.

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de manuscrits ou d'imprimés du xve au xvne siècle, doivent être écartées d'abord : elles pourraient donner lieu à une étude intéressante, mais étrangère à notre sujet, aucune de ces versions n'ayant le moindre rapport avec la mélodie populaire.

Celle-ci se dégage donc des 30 versions traditionnelles (y compris la notation du xvme siècle). Sur ces yj ve sions, 5 sont absolument distinctes les unes des autres : ce sont les versions Bas-Poitou, Bujeaud, 1866; Vivarais, Chaussinand, 1874; Puygiron, Drôme, Viel, 1875, et ^es deux Périgord. Notons en passant que trois de ces versions appartiennent à la région où la chanson est le moins répandue (ouest), tandis que c'est dans les provinces de l'est, du Midi et du centre, où elle est extrêmement populaire, que le type s'est conservé sous les formes les plus pures.

Il ne reste donc pas moins de 25 versions dans lesquelles nous retrouvons ce type. Sans entrer dans le détail des différences qu'elles présentent, nous dirons seulement que ces différences consistent principalement en un développement plus ou moins écourté. En effet, la mélodie intégrale nécessitant d'assez nombreuses répétitions de paroles, plusieurs versions l'interrompent avant la fin, s'arrêtait parfois sur une note autre que la tonique (tantôt la dominante, tantôt même la sous-dominante), ce qui donne à la tonalité de la vieille mélodie un caractère parfois étrange. Mais d'assez nombreuses variantes la donnent complète pour que nous n'ayons pas d'hésitation à en déterminer la véritable forme : nous la trouvons, presque identique (à quelques nuances d'inflexion près, lesquelles portent surtout sur le refrain : Tra la la la, et sur la cadence suspensive de l'avant-dernière reprise du second hémistiche) dans les versions Dauphiné, Champfleury-Wekerlin, 1860; Provence, Arbaud, 1862; Vivarais, d'Indy, 1892 ;Franche-Comlé, Beauquier, 1894; dlpes françaises , Tiersot, 1903, et d'autres inédites. Nous avons choisi la première de ces versions.

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Av' - ous point vu la Pé - ron — nel-le,

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-lé comme un page : c'est pour passer le Dauphi - né.

2 versions mélodiques complètes : Ch. du XVe siècle, et Mayenne, plus 2 fragments: La Fricassée, par H. Fresneau (Parangon des chansons, tiers livres, 1538), et Meslanges de mus. de J. Le Fèvre, 16 13.

La version moderne (Mayenne), quoi qu'ayant un bon caractère de mélodie populaire, doit être écartée, n'ayant aucune ressemblance avec les 3 notations anciennes. Celles-ci, au contraire, appartiennent toutes trois au même type, dont la forme originale se dégage facilement par la comparaison des deux plus anciennes notations : il suffit, pour cela, d'enlever de la notation du xve siècle la vocalise parasite qui l'alourdit, et de rétablir la ligne plus simple qui nous est donnée par la notation de 1538.

J'ai déjà eu l'occasion d'étudier les formes mélodiques de cette chanson dans les trois écrits suivants : Histoire de la chanson populaire en France, pp. 12, 340, 341 ; Mêlusine, VII, 12,

INDEX MUSICAL

1895; Ch. pop. des Alpes françaises, pp. 12-13. La comparaison de ces diverses études montrera les hésitations successives par lesquelles j'ai passé en traitant ce sujet délicat, sur lequel je n'oserais affirmer être en possession d'une certitude absolue.

Très modéré

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Derrièr chez mon pè - re ,

Vo - le mon cœur vo-ley

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Derrièr chez mon pè - re, Y a un pom - mier

dous.

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Y a un pom-mier dous, To/^ rfowi Zj*

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dous.

Sur les 17 versions mentionnées au catalogue, 7 ont la mélodie. Ajouter : Échos du temps passé (Wekerlin), mélodie différente de celle des Chans. pop. des prov. de France; 2 mélodies notées par moi dans le Jura; une 3e notée sous la dictée du peintre Français (provenant des traditions d'ateliers de peintres vers 1840, les mêmes auxquelles Gérard de Nerval a dû de connaître les textes littéraires); cette dernière a été publiée dans mon 3e recueil de Mélodies populaires des provinces

de France. Le récent recueil de Chansons populaires du pays de France, de Wekerlin (1903), après avoir réédité une des mélodies précédemment données par cet auteur, en ajoute une autre, de la Franche-Comté, plus conforme aux thèmes de même provenance publiés en ces dernières années. Enfin les Mémoires de la Société d? Emulation de Montbéliard (vol. XVI, Ier fascicule, 1897) donnent trois versions mélodiques respectivement identiques à celles de Franche- Comté 2, Champfleury- Wekerlin ; Franche- Comté 4, Beauquier, et Mégères, Meyrac, et que nous pouvons croire copiées dans ces recueils mêmes. Les écartant, il nous reste donc 12 mélodies. 5 sont différentes entre elles et d'avec les 7 autres; ces dernières, appartenant toutes aux régions de Test (Franche-Comté, Pays messin, Ardennes), y compris la version Français (qui fut mise en circulation dans Paris par un franccomtois nommé Baron), constituent un type dont le meilleur échantillon nous paraît être cette version Français (presque identique à la version Beauojjier, et à une de celles que j'ai notées dans le Jura). C'est donc celle que nous avons choisie. Si les études de l'avenir permettaient d'établir que l'ensemble de nos mélodies populaires peut être réduit à un certain nombre de types, je croirais volontiers que cette mélodie des Trois Princesses devrait être considérée comme la variation d'un thème primordial qui a servi à un grand nombre d'anciennes chansons de danse, et dont nous connaissons déjà une notation très pure datant du commencement du xvme siècle {Martin prit sa serpe, dans les Rondes de Ballard, j 1724, t. II). Les versions Givry, Nozot, et Audun- le- Roman, de Puymaigre, serviraient d'intermédiaire entre ce thème et sa variation, qu'enjolive surtout le refrain intercalé : Tout dous !

INDEX MUSICAL

Modéré.

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Cluand le Roi

dé - par-tit de France,

Vi - ve le

Roi!

A la maie heure il dé -par — tit,

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la maie heure il dé- par — tit,

la maie

heure il dé - par

tit.

2 versions mélodiques seulement, de même forme, et, au fond, de même type, bien que l'une soit majeure et l'autre mineure. On retrouve le refrain, qui a certainement imposé sa forme à la mélodie, dans une chanson notée au XVIIIe siècle La Clef des chansonniers, Ballard, 1717). Voir à ce sujet un article que j'ai donné dans la Rev. des trad. pop., IV, 1889. J'ai adopté la version en majeur (Côtes-du-Nord, Carlo, 1889), en précisant le rythme à l'aide de l'autre version (Bretagne, de la Villemarqué, 1854, mélodie notée par moi vers 1886).

G. Doncieux. — Romancero populaire de la France.

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triste et do - lea — te,

grans, s'il vous

plaît de l'en-ten dre.

Sur les 29 versions mentionnées au catalogue, 7 ont la mélodie. Ajouter : Ch. du Périgord, 5 ; inédites, 5 notées par moi, l'une provenant de la Haute Bretagne (paroles dans Sébillot, 1886), une seconde recueillie dans le Morvan (paroles dans Simon, Statistique de Fretoy, vers 1883), trois autres dans les Alpes françaises (à ajouter à Chamonix, Faure, 1896). Au total, 17 mélodies. Toutes ont le même caractère de chant lié. Mais 3 sont d'un dessin différent du type (Belgique, Doutrepont, 1890; Vendée, Trêbucq* 1896; Périgord, 5me version, caractère de pastourelle). Les 14 autres appartiennent à un type commun, qui est celui de la chanson : 3 sont incomplètes ou altérées; 1 1 sont complètes et semblables à quelques notes près (Provence, Arbaud, 1864; Vosges, Lootens-Feys, 1879 (celle-ci ajoutant une cadence finale étrangère à l'esprit et à la modalité du chant); 'Basse-Normandie, Fleury, 1885; 2 Périgord-, Haute Bretagne; Morvan, et les 4 Alpes françaises, parfaitement semblables entre elles). J'adopte la version notée dans mes Ch. pop. des Alpes françaises.

INDEX MUSICAL

Modéré.

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