XXVIII INTRODUCTION
Mais pour les périodes plus étendues, c'est le septénaire, qui est invariablement employé. Les absences de maris et de fiancés partis pour la guerre, les pénitences des âmes saintes, l'emprisonnement d'une princesse amoureuse, la navigation du petit navire, les amours secrètes de deux jeunes gens, le temps écoulé entre le meurtre des petits enfants au saloir et leur résurrection, tout cela dure sept ans, ni plus, ni moins. La popularité de ce nombre sept, aussi irréductible que trois et plus riche, employé à la mesure du temps, est de l'antiquité la plus reculée, et remonte aux premières races sémitiques : la division du temps en semaines en est la preuve et la consécration la plus absolue.
La langue de la Enfin la chanson populaire a des particularités linchanson populaire, guistiques, dont quelques-unes lui sont tout à fait propres, et dont la plupart se réduisent à des archaïsmes où survit le langage des xve et xvie siècles. La tendance commune à simplifier la prononciation se traduit par une série d'aphérèses, d'apocopes et de contractions. Il ne faudrait pas croire cependant que nos chansonniers se permissent cette profusion d'élisions qui fait ressembler le français d'aujourd'hui, parlé par une bouche plébéienne, à l'ossature décharnée d'une langue : ces suppressions sont par eux réglementées, et se pratiquent dans un certain nombre de cas, et qui sont tels :
L'z et Yu du pronom relatif qui et du pronom personnel tu, en hiatus avec la voyelle initiale du mot suivant, s'élident à volonté : quest, qua pour « qui est, qui a » ; fen as menti pour « tu en as... » — L'a des pronoms pos-