‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 21 sur 160 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

sessifs féminins ma, ta, sa, précédant le mot amie ou amour s'élide constamment : « m amie, s amie \ mamour ». L'explétif y lié au verbe avoir pris neutralement se contracte à volonté avec la voyelle initiale suivante : « il— y a, y en— a » en deux syllabes, aussi bien que « il— y— a, y— en— a », en trois syllabes. Vi initial de l'adverbe ici, peut tomber non seulement comme le veut notre usage moderne, lorsque cet adverbe dépend d'un pronom ou adjectif démonstratif (celui-ci, cet homme-ci), mais, en

n'importe quelle occurrence : « Etes-vousci?.. Que pleurent nos servantes ci? »

Le futur et le conditionnel des verbes romans sont, comme on sait, formés de l'infinitif agglutiné au présent ou à l'imparfait de l'auxiliaire avoir : dans tous les verbes français de la 2e conjugaison (oir = ère) et dans quelques-uns de la ire (ter, yer = are), la tonique de l'infinitif est absorbée entre le radical verbal et IV final2; or les chansonniers populaires étendent, conformément à l'usage du xve siècle, la même contraction, à plusieurs autres futurs de la ire et de la 4e conjugaisons (er = are ; ir = ire) , lairrai, donrai, menrai, demeurrai, pour laisserai, donnerai, mènerai, demeurerai; orrai pour

1 . Le mot mie, formé par aphérèse de amie, existe aussi dans le langage populaire ; on pourrait donc hésiter entre ces deux graphies homophones : m'amie, Garnie et ma mie, sa mie, mais la première doit être, en général, préférée comme plus ancienne.

2. Les futurs de la 2e conjugaison, tels que aurai (avraï), saurai (savrai), pourrai (povraï), voudrai (voldrai), siérai, verrai, devrai, mouvrai... sont pour avoir-ai, savoir-ai, povoir-ai, voloir-ai, seoir-ai, veoir-ai, etc., de même selon la prononciation : prîrai, marîrai, ploîrai, paîrai et autres futurs de verbes enier, yer sont pour prier-ai, marier-ai, ployer-ai, payer-ai.

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