‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 29 sur 160 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

séries de versions dans une leçon unique ; quand les versions à citer sont en nombre, leur énumération est abrégée par le signe etc. ; enfin, l'abréviation cf. affecte des versions, qui bien que différant en quelque point de l'original, confirment essentiellement la leçon adoptée. Ce texte, élaboré par les procédés de la critique verbale, prétend exposer la représentation scripturale de la chanson, telle qu'elle sortit pour la première fois de la bouche du chansonnier : mais à cette chanson, à ces vers composés par l'auteur et transmis par les chanteurs successifs sans le secours de l'écriture, quelle orthographe sied davantage? Pour les pièces dialectales (oc, Piémont, Catalogne) la question ne soulève aucune difficulté, les graphies de ces parlers, admises par tous les lettrés et les philologues, réalisant un accord parfait avec leur phonétique; mais pour celles d'oïl, qui sont en pur français, il y avait à opter entre plusieurs partis. Écartant tout d'abord la barbarie de l'orthographe strictement phonétique, bonne seulement pour des notations qui relèvent davantage de l'acoustique que de la philologie, j'ai regardé comme aussi impossible d'assujettir des poésies orales, comprises pour la plupart dans les limites du xve au xvie siècle, à l'orthographe classique moderne, qui fausserait la prononciation jadis en vigueur; ainsi ne pourrait-on sans faute écrire : père, mère, là où il est avéré que le rimeur disait : père, mère; non plus que : paraître, connaît, avais, français, monnaie (d'autant que le son ai == e correspond ici à une altération récente de la diphtongue oï) que le Dictionnaire de l'Académie édite encore maintenant

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