‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 30 sur 160 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

paroître, connoit, avois, françois, monnoie. D'un autre côté, suivre sans réserve l'orthographe pédantesque des écrivains du temps, hérissée de consonnes étymologiques (et parfois faussement étymologiques), qui n'ont jamais existé ou n'existent plus pour l'oreille française, n'aurait pas été d'un meilleur parti. Au contraire on n'hésitera pas à orthographier : domter, doit, pois, savoir, les mots dompter, doigt, poids, sçavoir parce que ces mots (du bas-latin domire, ditum,pesum, saperé) n'ont jamais contenu nip, ni g, ni d, ni c; tems, pies, grans, parens, tuprens, les mots temps, pieds, grands, parents, tu prends, parce que les pénultièmes^, d, t, tout en faisant partie des prototypes latins, ont disparu dans la dérivation française; bien plus, les formes telles que être, connoître, pâtoureau, château, brûler, épée, écrit seront préférées aux formes primitivement exactes estre, connoistre, pastoureau, chasteau, brusler, espée, escrit, parce que dès le xvie siècle, Y s interne, en contact avec une autre consonne, s'était émoussée déjà en produisant l'allongement de la présente voyelle, marqué par l'accent circonflexe. On a rétabli le t final à toutes les 3mes personnes du singulier des verbes de la 3e conjugaison, à l'indicatif présent : il prent, il pert, il vaint, au lieu de il prend, il perd, il vainc. On a supprimé Y s parasite de la ire personne singulière de l'indicatif présent :jecroi,je voi, je sai, je vai, je vien au lieu de je crois, je vois, etc.. Enfin, on a substitué Ys qu'il a indûment supplantée, à Yx final, basé en réalité sur une grosse erreur : beaus, bijous, dous, sis au lieu de beaux, bijoux, doux, six.

En somme, on a employé l'orthographe contemporaine en l'inclinant aux graphies simples et claires du moyen âge.

Page 1