‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 33 sur 160 · INTRODUCTION XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLI

dérogé. Pourtant, certaines chansons ont des airs si bien appropriés, et qui semblent leur appartenir si spécialement, qu'il vient tout naturellement à la pensée qu'ils font corps avec la poésie et ont été composés expressément pour elle. Cela peut être, — à moins encore qu'un air ait paru si bien convenir à une poésie particulière que, bien que non composé pour elle, il lui soit resté définitivement attaché, à l'exclusion de toute autre. Enfin, il n'est peut-être pas une seule chanson qui ne se chante sur plusieurs airs, souvent très différents, suivant le temps, les régions, et parfois même, simplement le caprice individuel des interprètes.

Il s'agit donc tout d'abord de se reconnaître dans ce fouillis, parfois inextricable, et cela même n'est pas une mince affaire.

Il faut ajouter que la tâche n'a pas été facilitée par la manière dont sont conçus la plupart des recueils parus dans la seconde moitié du xixe siècle. Les premiers, surtout, n'ont fait que troubler les idées sur le caractère musical de la chanson populaire française. Conçus sous l'influence des hommes de lettres, qui ont compris l'intérêt du sujet longtemps avant que les musiciens s'en fussent rendu compte, ou ils ont négligé complètement la partie musicale (ce qui valait mieux sans doute que de la mal traiter), ou ils l'ont traitée avec une incompétence qui décelait l'inexpérience absolue des auteurs. Sur tout le fouillis de papiers réunis à la Bibliothèque nationale, à la suite de l'enquête de 185 1, combien peu y a-t-il de notations musicales qui puissent être consultées de façon vraiment utile? Il n'en pouvait

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