XLII INTRODUCTION
pas être autrement, cela est évident, quand ces communications émanaient de personnes qui, n'ayant que des notions très restreintes en musique, se trouvaient pour la première fois aux prises avec les difficultés, très grandes, de la notation des mélodies populaires, aux intonations si souvent incertaines, aux rythmes libres, aux tonalités inconnues des profanes. Tels livres, que l'on a beaucoup loués, valent plus par leurs bonnes intentions que par les résultats obtenus : il en est ainsi de celui de Bujeaud, qui eut le mérite d'être le premier à faire à la musique la part à laquelle elle a droit, mais qui n'en donne parfois qu'une idée bien affaiblie. Bladé, de Puymaigre, de la Villemarqué présentent à peine quelques airs en appendice de leurs copieux recueils ; Tarbé, Max Buchon, de Beaurepaire, Luzel, ainsi que les correspondants des revues savantes, paraissent ignorer que la musique existe dans les chansons.
Par un juste retour, ce mouvement inauguré par des gens de lettres et des savants a été, en ces dernières années, continué surtout par des musiciens : il suffit de mentionner MM. Gevaert, Bourgault-Ducoudray, Wekerlin, Vincent d'Indy, Ch. Bordes, ainsi que l'auteur de ces lignes, pour faire comprendre que les lacunes des premières études ont été enfin comblées. Encore la collection de nos mélodies populaires est-elle loin d'être complète et définitive : on ne s'en apercevra que trop en lisant certains articles de notre Index musical.
Aussi ne prétendons-nous aucunement présenter les observations qui y sont contenues comme apportant des résultats complets et définitifs.