AVANT-PROPOS IX
« Plus on s'est instruit, en effet, et plus on apprécie à leur juste et haute valeur, dans n'importe quelle science, les résultats qui, à une époque déterminée, sont venus constituer un progrés réel et décisif sur tout ce que Von connaissait auparavant.
« Les systèmes 2l priori ont fait leur temps. La théorie métaphysique de Champfleury, d'Ampère et de Rathery a vécu, elle est dépassée. Immédiatement après M. Gaston Paris, qui a enfin envisagé la question générale en maître, en la plaçant sous son vrai jour, c'est M. Doncieux qui a porté, de fait, à l'ancien système les plus rudes coups. Sans le dire expressément nulle part, M. Doncieux admet, en effet, — car cela ressort de tous ses travaux, — qu' « un chant populaire possède toujours : une date, un auteur, une patrie. »
A dire vrai, il' ne nous semble pas qu'il eût été nécessaire de faire de si grands efforts de logique pour arriver à la constatation d'un fait aussi évident que celui qu'énoncent ces derniers mots. Personne, apparemment, n'a jamais douté qu'un chant, populaire ou non, ait toujours eu une date, un auteur, une patrie. C'est seulement quand il s'agit de déterminer quels sont cet auteur, cette patrie, cette date, que la difficulté commence. Soit dit en passant, je pense que l'auteur de la citation précédente faisait fausse route quand, par une préoccupation qui était sienne, et dont nous retrouvons les traces dans cet extrait même, il s' opiniâtrait à chercher aux sources imprimées les renseignements concernant les origines de chants qui, par leur conception première aussi bien que par leur transmission, sont de nature essentiellement orale et traditionnelle.
George Doncieux n'a pas eu de ces espoirs chimériques. Aussi, grâce à la méthode plus sûre qu'il a suivie, il avait de plus grandes chances de se rapprocher du but, pourtant encore bien éloigné. Ce n'est pas a nous qu'il convient d'apprécier les résultats auxquels il a atteint dans son œuvre. La critique dira si les conclusions particu-