‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 55 sur 160 · CHANSON WENDE LA PERNETTE · texte numérisé non relu

CHANSON WENDE LA PERNETTE

Enterrez-nous-tous deux près du chemin, Au chemin de Saint-Jacques Où tout le monde passe. enterrez-nous tous deux.

Plantez au-dessous de nous un lys, Couvrez Pierre de roses

Un lys blanc, un rouge. et moi de millefleurs.

Le premier qui passera près de nous Les pèlerins qui passent en prendront quelque brout ;

Celui-là dira ainsi : Diront : Dieu aye l'âme

Ci gisent deux jeunes gens. des pauvres amoureux !

Qui sont morts l'un pour l'autre L'un pour l'amour de l'autre

A cause de leur fidèle amour ! ils sont morts tous les deux.

Et ce thème ayant été assimilé par les chanteurs magyars (La petite Julia, dans le recueil (TArany-Gyulai), on ne s'étonnera pas de trouver à la fin de la ballade hongroise ce vestige de la leçon slave :

Et l'un près de l'autre on les enterra. — Sur l'un on planta — une tulipe blanche rayée, — sur l'autre on planta — une tulipe toute rouge.

La variante piémontaise de la finale circule aussi par toute l'Italie, tantôt isolée, à l'état de tronçon vivant, soudée plus souvent à des chansons très diverses. On la rencontre en Lombardie, dans la Vénétie et l'Istrie, à Rome, jusqu'à Naples l : ici, concluant le thème de la fausse Morte ; là, celui du Plongeur noyé ; une fois même, entrelacée bizarrement aux couplets de notre Malbrough 2.

Transformée par suite de l'absolue différence des thèmes,

1. Voy. pour la Lombardie, Bolza, Can^oni pop. comasche, et Corrazini, 1 componimenti m. d. lett. pop. ital. ; pour la Vénétie, Widter-Wolf, Dalmedico, Bernoni, et incidemment Nigra ; pour l'Istrie, Ive ; pour Rome et Naples, les textes cités encore par Nigra sous le n° 19 de son recueil.

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