Troyes -\- Comté 2,3 et
5. Troyes, Comté 2 et 3 (Ça! d...); cf. Comté 4, Audun, Givry.
6. Comté 2 ; cf. Comté 4, Troyes, Cbdteauneuf, Canada, Nivernais, Etretat, etc.
7 — « S'il gagne bataille, aura mes amours. »
8 — « Qu'il perde ou qu'il gagne, les aura toujours! »
7. Comté 2 et Troyes (il aura...), Cdtes-du-Nord (id.), Comté 4 (auront...) ; cf. Canada, Givry, Cbdteauneuf, Auduu, Poitou.
8. Comté 2 et Troyes (il 1. a...), Cotes-du-Nord (id.) Comté 4 (L auront...) ; Comté 3 (Q, gagne o. non g., il ...) ; cf. Canada, Cbdteauneuf, Audun, Poitou, Nivernais.
Cette chanson, plutôt sporadique dans le reste de la France, a pour foyer certain la partie orientale d'oïl : Lorraine, Champagne, Franche-Comté, et particulièrement cette dernière province, où elle est très répandue et très purement conservée : on peut donc, en toute vraisemblance, la réputer native de la Franche-Comté ou de l'une des deux provinces limitrophes.
Elle est à coup sur des plus anciennes que nous ayons. Si elle ne se lit dans aucun de nos vieux recueils, encore ne peuton manquer de la rapprocher de certaines chansons contenues en des manuscrits de l'extrême xve siècle, et que leur style déclare sensiblement contemporaines de ces manuscrits. L'une, tirée du ms. fr. 12,744 de la B. N. (publié par G. Paris, Chansons du XV* siècle) débute par ces vers :
Au jardin de mon père il y croist un rosier, Trois jeunes demoiselles sy s'i vont umbraigier...
L'autre se réduit à ce fragment, extrait par M. Tiersot d'un ms. de la Bibliothèque de Dijon :
Nous étions trois dames couchées sous un saulx, Disions l'une à l'autre : Compaigne, tu dors1.
Ainsi ce motif initial, de trois femmes couchées sous un arbrisseau et qui devisent ensemble, est une espèce de lieu com-
1. Observez encore que le vers est pareil à celui de notre chanson : décasyllabe à miembres égaux, masculin, à césure féminine.
mun familier aux faiseurs de chansons du xve siècle, et qu'on ne trouverait guère chez les poètes plus récents. Nos princesses au pommier doux, proches parentes qu'elles sont des trois demoiselles au rosier et des trois dames au saule, ne sauraient être d'un âge bien différent; et la chanson se date ainsi des dernières années du xve ou des premières du xvie siècle.
Que dire du thème, aérien vraiment et impalpable ? Cela, comme on dit, est fait avec rien, et cela est d'un charme d'autant plus subtil. Vous n'y voyez nulle histoire, tout juste une situation, un sentiment, éclairé d'un rapide et vif rayon de poésie. Elles sont là trois vagues princesses qui sommeillent, dans le plus chimérique des jardins. Le jour point, le tambour bat, le bel ami part en campagne ; c'est lui le champion des princesses. Je l'aimerai vainqueur, dit l'une : et cela, c'est ce que trouverait la première venue. Mais la troisième, celle qui aime, dit le vrai mot de l'amour : Vainqueur ou non, je l'aimerai toujours ! Et ce mot tout simple, pour définir le mystère d'aimer, ne vaut-il pas bien la plus profonde maxime de La Rochefoucault, la plus délicate analyse de Stendhal ?
CATALOGUE DES VERSIONS
France (oïl et oc)
Parisis(?) : Chansonnier Maurepas, I (fr. 12, 61 6), mss. B. N., ire moitié du xvme siècle K — Publ. par Leroux de Lincy, Rec. de Chants historiques français, II.
*Ossau : Mazure, Histoire du Bèarn, 1839. — Repr. par Salles, Poés. pop. de la France, II, mss. B. N. ; et par de Puymaigre, Rev. de l'Est, VI.
= *Ossau : de Puymaigre, Romania, III, 1874 2.
Bretagne : H. de la Villemarqué ?, Poés. pop. de la France, II, mss. B. N., réd. vers 1854. — La même version, sauf quelques variantes, publiée dans la Rev. de VEst, VI ; de nouveau, avec la mélodie, dans la Rev. des Trad. pop., III.
Indéterminé : Poés. pop. de la France, II, mss. B. N., [s. d.].
1. Ce chansonnier n'est en général qu'une copie, soigneusement exécutée par les ordres du ministre Maurepas, du recueil Gaignières-Clairambault, lequel est aussi conservé aux mss. de la Bibl. nat. Toutefois, le chant de la captivité de François Ier manque dans celui-ci.
2. De P. ne s'est pas aperçu de l'identité de ces deux versions, fournies à Mazure et à lui, à bien des années de distance, par le même chanteur ossalais, nommé Sacaze : l'une transmise oralement, l'autre copiée sur le cahier du chanteur, ce qui explique quelques variantes insignifiantes.
3. Qui déclarait tenir la chanson de son illustre parent Chateaubriand (vers 1835).
Pévèle (Nord) : | de Puymaigre, d'après Favier, Romania, III, L'Ostrevent (id.) : j 1874.
Moncontour (Côtes-du-Nord) : J. Carlo, Rev. des Trad. pop., IV,
Piémont
Alba : Nigra, Canii pop. del Piemonte (n° 5), 1888.
Catalogne
Catalogne (£) : Briz, Cans. de la Terra, IV, 1874.
Cat. dyB,C,D : Milâ, Romancerillo catalan (n° 80), 1882.
FORMULE RYTHMIQUE
Chanson à danser. Vers de 16 syl.=8-|-8, masculins, uniformément assonances en i; chaque vers, muni d'un refrain bipartit, forme couplet.
Dans les versions catalanes, hormis la seconde moitié de C, où il est intact, le vers a été ramené au type de 14 syl.=7 -f-'7-
TEXTE CRITIQUE
i Quand le Roi départit de France.
Vive le Roi !
à la maie heure il départit. Vive Loys !
2 II départit jour de dimanche et jour de lundi il fut pris.
3 « Rens-toi, rens-toi, grand roi de France, rens-toi donc, car te voilà
[pris ! »
4 — «Je ne suis pas le roi de France, vous ne savez mi' qui je suis.
5 Je suis un povre gentilhomme, qui va de pays en pays. »
i. Bretagne, Parisis (...partit...); cf. Ossau, Indét., Catalogne B.
Le refrain, qui n'est pas marqué ailleurs, résulte de Bretagne, Moncontour, Pévéle *, confirmés par Ossau (Vive la rose ! — Vive la fleur de lys !), par Catalogne A (Viva Lluis !) et par Cat. C, qui donne en guise de vers-refrain : Rendit es lo rey de Fransa, es rendit lo rey Lluis !