INTRODUCTION XIII
trouvères1, ont une tendance à accentuer sur la quatrième syllabe.
En général, dans notre poésie épique, la césure était à volonté oxytonique ou paroxytonique, c'est-à-dire que le premier hémistiche pouvait se terminer facultativement par une atone qui ne compte pas dans le mètre. Mais cette liberté que se donnaient les trouvères est devenue pour le chansonnier, sans doute sous l'influence des types mélodiques, une règle constante que l'on peut appeler la loi des césures inverses : la chute du premier hémistiche est paroxytonique ou, comme nous disons, féminine, si celle du vers est oxytonique ou masculine, et réciproquement. Cette loi remarquable, d'abord constatée par Milà pour le catalan, puis par Arbaud pour le provençal, est aussi bien valable pour le piémontais et pour les parlers d'oïl; et, d'ailleurs étrangère à l'espagnol et à l'italien, elle régit sans exception tout le domaine gallo-roman. Je n'ai jamais trouvé, dans aucun de ces dialectes, un seul vers populaire où elle fut enfreinte; tellement que si on la voit apparemment faillir dans quelque version particulière, c'est un signe indubitable que cette version est corrompue, et qu'il faut chercher ailleurs la véritable leçon.
Le vers, ainsi construit et organisé, reçoit d'ordinaire Assonance, une espèce d'ornement sonore, qui est l'homophonie de la tonique finale entre deux ou plusieurs vers; en un mot, l'assonance. Sur le déclin du moyen âge, ajou-
i. Voyez aussi l'octosyllabe manié par les lyriques provençaux modernes, notamment par Mistral.