XIV INTRODUCTION
tant à l'identité de la tonique celle de la consonne qui suit, on a fait de Fassonance la rime : les rimeurs de la Renaissance, et de nouveau les romantiques raffinèrent davantage en recherchant aussi l'identité de la consonne précédente (consonne d'appui); mais les trouvères de la plus belle époque se contentaient de l'assonance et naturellement le peuple en est resté à cette conception rudimentaire. Il assonne et ne rime pas1.
En pratique, dans les chansons françaises en vers masculins, l'assonance paraît souvent se confondre avec une rime qui ne serait pas pour l'œil, cela à cause de la rareté des oxytons, où les parlers du Nord font sentir la consonne finale2; mais à considérer les vers féminins, leur assonance ne fait pas doute : les quelques pièces où l'on observe un effort vers la rime parfaite appartiennent toutes à une époque relativement moderne.
Quant au groupement des rimes, il est aussi simple que possible. Souvent tous les vers sont sur une assonance uniforme : c'est la chanson monorime, le type le
i. Quand il m'arrivera, pour la commodité du discours, d'employer les mots rime, rimer, il est entendu que c'est au sens de rime imparfaite, ou assonance.
2. Dans le français actuel, outre les finales s, t ou d, p, disparues depuis longtemps de la prononciation, r final est émoussé, dans les infinitifs de la ire conjugaison : aime(r); dans les noms en ter, er (== arium) : verge\f], sanglie\r], et dans plusieurs noms en eur (= atorem) qui sont d'usage populaire : piqueu[r], vielleu[r], fauchen[r] (= araignée), monsieu\r~\\ c ou g final, après une nasale : ban[c\, Uan[c\. san[g], sein[g], lon[g]. Quant à la plupart des parlers provinciaux d'oïl, r final ne se prononce pas davantage dans les infinitifs delà 2e et de la 4e conjugaison : avoi[r], fini[r], ni dans les noms en eur ou en our : menteu[r], amou[r] ;/et / final après eu : bœu[f\, Unceu[T\.